«La situation est alarmante.» Le Parti démocrate-chrétien (PDC) genevois monte au créneau pour attirer l'attention sur le manque de places disponibles dans les établissements médico-sociaux (EMS) et ainsi anticiper l'avenir. Au travers d'une motion qu'il déposera mardi prochain, le PDC souhaite ainsi que le Conseil d'Etat identifie les besoins en matière d'EMS, et qu'il prenne les mesures nécessaires pour en favoriser la construction.

La cheffe du groupe parlementaire PDC, Nelly Guichard, juge impératif que le moratoire sur la construction d'EMS, arrivé à échéance le 31 décembre dernier, ne soit pas prorogé. «Cela aggraverait la situation, d'autant qu'une diminution importante du nombre de lits hospitaliers est prévue, que la population vieillit et que les personnes entrant en EMS sont de plus en plus dépendantes d'un soutien médical», analyse-t-elle. La fermeture de Beau-Séjour aux alentours de 2005-2006 pourrait rendre la situation plus aiguë encore. Aujourd'hui, le nombre de personnes âgées inscrites sur des listes d'attente oscille entre 300 et 350.

Si le PDC vise à encourager l'initiative privée ainsi que les collectivités publiques pour construire de nouveaux EMS, c'est pour éviter «une étatisation de ces établissements, à laquelle nous ne sommes pas favorables», avertit Nelly Guichard.

Le PDC ne se penche pas seulement sur la problématique des EMS. Il se préoccupe aussi du statut des infirmiers et infirmières et vise à revaloriser la profession. «Ce métier n'a pas encore fait l'objet d'une revalorisation parce qu'il est avant tout exercé par des femmes. Et jusqu'à ce jour, on a trop souvent entendu le terme vocation pour décrire le dévouement des infirmières. Maintenant, ce concept est dépassé et ne doit pas justifier une rémunération inadaptée», souligne Nelly Guichard. La motion de son parti invite le gouvernement à prendre conscience de la grave pénurie qui règne au sein du monde soignant. En effet, les candidat(e) s à une formation en soins infirmiers ne sont plus légion. Il devient dès lors urgent de mieux rémunérer, de favoriser le temps partiel et d'éviter les horaires discontinus.