Ambiance un rien pesante, hier soir à Saxon, alors que 948 membres du PDC du district de Martigny avaient à investir un des leurs pour la course au Conseil d'Etat. A l'heure où nous mettions sous presse Christophe Darbellay et les siens, face à eux Nicolas Voide et ses sympathisants, rongeaient encore leur frein en attendant le verdict des bulletins. Jamais, sans doute, une élection primaire n'aura autant mobilisé et autant fait spéculer les observateurs. Par voie de presse la semaine dernière, sur le lieu de l'élection hier.

«Point de révolution»

Début de soirée. Alors qu'un flot continu de votants assiège la salle Florescat, du haut de son double mètre, Darbellay exagère sa sérénité et arrose la foule de regards complices. «Ceux qui entrent ici savent ce qu'ils vont voter. Les discours ne serviront à rien», lance un sympathisant, au bar.

20h45. Temps des discours. L'affrontement à la tribune est plutôt solennel. Nicolas Voide jure sur «le pluralisme, le dynamisme et l'ancrage du PDC dans la population», promet d'inscrire son action - «point de révolution» - dans la continuité des Jean-René Fournier et autres Jean-Jacques Rey-Bellet, s'offre une pique polie contre son concurrent du jour. «La minorité PDC du district peut ambitionner d'occuper simultanément un siège au Conseil national et au Conseil d'Etat. Pourquoi choisir si on peut avoir les deux?»

Un poste au Conseil d'Etat en 2009 signifierait, pour Christophe Darbellay, de renoncer à son mandat de conseiller national pour lequel les électeurs l'ont plébiscité il y a six mois. Les uns parlent de ce retour au pays comme d'une opportunité qui tombe à point. Les autres, au rang desquels ses plus virulents opposants mais pas seulement, voient cela comme de l'opportunisme, un écart de conduite.

Christophe Darbellay y répond dans un discours qui porte les traces d'un début de campagne agité: «C'est parce que j'aime le Valais que j'ai œuvré à Berne. C'est pour mieux le servir encore que je souhaite y revenir. L'ambition est une vertu quand on parle de ses enfants. Pourquoi doit-elle devenir une verrue quand on parle politique? Laissons parler les médisants.» Suit encore un florilège de promesses électorales: l'allégement de la fiscalité des familles, le maintien à domicile des personnes âgées, le soutien à l'agriculture, «la meilleure école du pays».

Le vote est lancé. Le défilé à la cantine aussi. Planchettes de saucisse et fromage d'alpage n'enlèvent rien à l'agitation inconfortable des postulants et de leurs disciples. Ce soir, dans l'arène de Saxon, ils avaient à écrire un nouvel extrait remuant de la politique valaisanne.