Egalement réunis en assemblée samedi, les délégués du PDC ont accepté à l'unanimité le troisième volet de leur plateforme électorale. Ce dernier est consacré au soutien aux PME et s'articule autour de quatre axes: le soutien à l'innovation et aux jeunes entreprises, l'aide à la recherche et à la formation, l'allégement des charges fiscales pour les entreprises et la simplification des procédures administratives. Philipp Stähelin, le président du PDC, a également réaffirmé l'attachement du parti à l'économie sociale de marché, fustigeant les chefs d'entreprise qui privilégient leur profit personnel au détriment des intérêts de leur entreprise. «Nous sommes contre l'américanisation des étages de direction», a résumé le conseiller aux Etats thurgovien. Avec son programme économique, le PDC entend donner «un bol d'oxygène» aux PME et espère aider le pays à retrouver le chemin de la croissance.

L'assemblée de Regensdorf (ZH), a aussi été l'occasion d'une prise de contact entre les délégués démocrates-chrétiens et Joseph Deiss, qui effectuait là sa première grande sortie publique dans sa nouvelle fonction de ministre de l'Economie. Philipp Stähelin n'a pu s'empêcher de le présenter comme le nouveau «ministre de la croissance». Visiblement très honoré, Joseph Deiss paraissait toutefois bien trop conscient qu'il serait très difficile de sortir de la période de stagnation économique cette année encore.

Fidèle à son tempérament, le nouveau chef du Département de l'économie entend en effet inscrire son action dans la durée. «Ce n'est pas après dix jours passés à la tête d'un nouveau département que l'on peut présenter des solutions», a expliqué Joseph Deiss. Samedi, il n'a levé qu'un coin de voile sur ses intentions, affirmant notamment son attachement à la lutte contre les cartels et répétant que, sur le fond, il ne modifierait pas d'un poil la politique agricole entamée par Pascal Couchepin. «Il n'y aura pas de changement de cap», a-t-il déclaré avant de s'engager, tout de même, à renouer le dialogue avec les agriculteurs. Pour le reste, il s'est contenté de décrire ses positions dans les grandes lignes. Celles-ci s'accordent d'ailleurs quasiment point par point avec celles de son parti. «Vous pouvez compter sur moi», a-t-il assuré, avant de demander dans une allusion – adressée tout particulièrement au groupe parlementaire PDC – que la réciproque soit également vraie.

En fait, ce n'est qu'à partir de mercredi que l'on pourra peut-être en apprendre davantage sur les projets de Joseph Deiss. Ce jour-là, il présentera à ses collègues du Conseil fédéral un catalogue de mesures pour une politique de croissance, issu des réflexions d'un groupe de travail interdépartemental mis sur pied en mars 2002. Mais, officiellement, les premières décisions concrètes ne devraient être annoncées que le 21 janvier.