«Notre Suisse», «contrat électoral», ces expressions, déjà lues et entendues, sont communément associées à l’UDC. Or, voici que le PDC les reprend à son compte et en fait des piliers de sa campagne électorale 2011. Les démocrates-chrétiens vont jusqu’à singer le slogan électoral du parti de Christoph Blocher. Ils remplacent «Les Suisses votent UDC» par «Les Suisses heureux votent PDC».

Éternellement optimiste, le PDC met en avant ses succès, ses idéaux et ses valeurs. En lançant mercredi la campagne de son parti, le président, Christophe Darbellay, s’est plu à rappeler que «le peuple suisse suit les recommandations du PDC dans 80% des votes et que le PDC influence 90% de toutes les décisions prises au parlement». «La Suisse est un pays qui connaît le succès, l’un des plus sûrs, l’un des plus prospères et l’un des plus stables. Le PDC est responsable de ces succès.»

Les «vraies préoccupations»

Pourtant, le dernier baromètre électoral montrait que les personnes sondées n’identifiaient le PDC à aucun thème politique majeur et ne lui reconnaissaient qu’une modeste compétence à résoudre les problèmes. Réponse de Christophe Darbellay: «Le baromètre a été effectué à une période qui était encore marquée par l’initiative sur le renvoi et la campagne à 10 millions qui l’a accompagnée. Il nous appartient désormais de faire remonter dans les prochains baromètres les préoccupations qui nous tiennent à cœur et qui sont les vraies préoccupations des Suisses, comme la sécurité de l’emploi, la famille, l’environnement ou la sécurité», analyse-t-il.

Promu chef de campagne, issu de l’aile conservatrice du parti, ­Gerhard Pfister complète: «Le baromètre a tendance à montrer que les partis qui pointent le doigt sur des problèmes sont considérés comme compétents pour les résoudre. Or, ce n’est pas le cas. A nous de montrer que c’est nous qui proposons des solutions et qui trouvons des compromis.»

Sans Doris Leuthard?

Parmi les thèmes que le PDC souhaite mettre en avant d’ici au mois d’octobre, on peut citer les modèles de travail à temps partiel, une échelle fiscale qui tienne mieux compte de la situation familiale, des bons de prise en charge des enfants et des proches nécessitant des soins, des allégements fiscaux pour la formation, la suppression des primes maladie pour les enfants, la mise à disposition de 3000 policiers pour la sécurité, des économies d’énergie, la recherche de nouvelles ressources énergétiques, la diminution des émissions de CO2, etc. Certains de ces thèmes seront débattus lors des prochains congrès politiques.

Pour accompagner cela, le PDC s’appuie sur un visuel qui montre un combat de reines en Valais, un enfant sur une montagne et un slogan défendant une Suisse qui soit «le pays le plus performant d’Europe». Et Doris Leuthard? Aucune campagne d’affichage utilisant son effigie n’est prévue pour l’instant, mais Christophe Darbellay se réserve le droit de changer de tactique s’il apparaît que les autres conseillers fédéraux mettent leur image à disposition de leur parti.

S’agissant des objectifs, le PDC confirme sa volonté d’atteindre 17% des voix – il en avait 14,5% en 2007 et 12,9% selon le baromètre de janvier – de conquérir trois sièges au Conseil national et de rester la première force au Conseil des Etats. «Les Suisses heureux votent PDC»: on verra en octobre si cet aimable slogan convainc l’électorat.