Analyse

Le PDC résiste, les Vert’libéraux s’effondrent

Le PDC, qui craignait le pire après une série de reculs, sauve les meubles. Mais pour l’écologie politique, c’est le désastre

C’est un désastre pour l’écologie politique, qui perdrait 10 à 11 sièges au Conseil national entre les Verts et les Vert’libéraux. Mais le PDC et le PBD sauvent les meubles. De manière inattendue, alors que tous les sondages donnaient le PDC en recul de plus d’un point, les projections de dimanche soir le donnaient pratiquement stable (la dernière projection était -0,2%). C’est surtout après le deuxième tour du Conseil des Etats pour lequel plusieurs démocrates- chrétiens sont en difficultés que l’on saura comment le centre politique aura pu résister.

Car pour l’instant le PDC ne perdrait que deux sièges, à Soleure et à Bâle-Ville. Mais il y a des reculs qui font mal, comme à Lucerne, où l’UDc devient désormais le premier parti. De son côté, le PBD limite la casse à un seul mandat, sauvant notamment celui de son président Martin Landolt réélu à Glaris malgré la concurrence socialiste.

Malgré ses traits tendus et son visage blafard, le président du PDC, Christophe Darbellay, semblait donc soulagé dimanche soir, juste avant la «ronde des éléphants», le débat entre les présidents des quatre grands partis. Mais plutôt que d’évoquer ce qui n’avait pas marché dans la campagne démocrate-chrétienne, c’est sur les raisons du «résultat époustouflant» de l’UDC qu’il s’interrogeait. «Nous aurions bien voulu parler de thèmes comme le virage énergétique, les assurances sociales, l’AVS, le sort des bilatérales, mais toute la campagne a été dominée par un seul thème, la crise des migrations. C’était une aubaine pour l’UDC». Pour le président du PDC, l’argent aura joué un rôle essentiel dans cette campagne, «l’UDC a dépensé cinq à dix fois plus que nous».

Manifestement, le fort engagement du PDC sur le terrain, ses actions originales, comme de recolorer en orange les passages pour piétons, tout cela n’a pas suffi à redonner un véritable élan au parti. Même si l’effritement enregistré depuis 1983 a été ralenti. Christophe Darbellay dément que son parti aurait été victime du virage à gauche au sein du Conseil national lors d’alliances occasionnelles avec le PS. «Nous n’avons voté avec la gauche que dans 17% des cas, Cette histoire de centre-gauche est une invention de l’UDC et des médias pour nous nuire», jure-t-il.

Mais à plusieurs reprises, comme dans la mise en œuvre de l’article contre les résidences secondaires, le PDC s’est retrouvé mis sur la touche ou avec des propositions difficiles à faire passer, notamment dans la crise des migrations. C’est désormais sur la question de la réélection de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf que tout le monde a les yeux tournés.

Le grand perdant de ce 18 octobre, ce sera le Parti Vert’libéral qui avec la perte de six mandats, perd plus de la moitié de ses gains (11 sièges) de 2011. Défaite amère, avouait son président Martin Bäumle qui, il y a quatre ans, baignait dans l’euphorie. Ce recul est la preuve, selon le politologue Oscar Mazzoleni, qu’il n’y a pas de nouveau centre. Le PVL est victime de l’effacement des préoccupations écologiques auprès des Suisses. Mais aussi de son absence de profil sur les autres questions. Même s’il se présente comme le parti le plus favorable à l’économie, cette dimension n’a pas été comprise par ses électeurs. C’est dans les Grisons, en Thurgovie, mais aussi à Zurich et à Saint-Gall que le PVL laisse le plus de plumes. Il perd aussi, avec Verena Diener, sa seule élue au Conseil des Etats.

Donné largement perdant, le PBD, le parti d’Eveline Widmer-Schlumpf, échappe, comme le PDC, à l’affaissement du centre. S’il perd un siège à Zurich, il résiste dans les Grisons et à Berne. Même si son siège au Conseil des Etats pour le canton de Berne semblait menacé dimanche soir. Mais la question à laquelle il n’échappera plus, c’est celle de la constitution d’un véritable centre avec le PDC.

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