Élections fédérales : Valais

Le PDC valaisan n’est pas mort

Malgré les vents contraires, le plus grand parti du canton gagne un siège au Conseil national, et défend chèrement son monopole chez les sénateurs

C’est un peu l’histoire du phénix qui renaît de ses cendres. Les médias les décrivaient comme «affaiblis par les affaires», incapables de freiner la lente érosion d’un parti qui a trop longtemps régné seul sur le canton. En 2011, les démocrates chrétiens valaisans avaient été délestés d’un siège au Conseil national par la gauche. Il y a deux ans, ils avaient perdu leur majorité absolue au parlement cantonal. Pour les trois familles minoritaires, 2015 représentait l’occasion de mettre un terme à leur monopole au Conseil des États. Alors que sa chute semblait inéluctable, le PDC est le vainqueur surprise des élections fédérales en Valais.

Les plus farouches opposants du PDC ont tout perdu

Même si les temps ont changé, si les électeurs ne suivent plus les consignes de vote, et si le parti ne se transmet plus par les gènes, le scénario idéal des stratèges démocrates chrétiens s’est réalisé dans le détail. Ils ont imposé leurs sortants et leurs champions, deux hommes et deux femmes, deux Bas-valaisans et deux Hauts-valaisans, deux représentants de leur aile droite, et deux de leur aile gauche. Toutes les règles tacites du parti ont été respectées. Leurs adversaires libéraux radicaux et socialistes, qui visaient deux siège chacun, n’obtiennent que des miettes.

La victoire des conservateurs

Ambitieux, les plus farouches opposants du PDC ont tout perdu. Le socialiste Thomas Burgener, qui voulait «abattre la forteresse», hérite d’une décevante cinquième place dans la course au Conseil de États. Les candidats démocrates chrétiens devraient conserver encore une fois leurs deux fauteuils de sénateurs. Jean-René Fournier et Beat Rieder ont creusé un écart qui pourrait suffire à décourager le premier de leurs poursuivants, Franz Ruppen. L’autre vainqueur du jour, d’ailleurs, c’est l’UDC. De nombreux cadres des démocrates de centre, comme Oskar Freysinger, ont été des membres du PDC valaisan par le passé. Ils négocient très régulièrement des alliances au parlement cantonal avec leur ancien parti.

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