La pseudo idylle n'aura duré que quelques heures. L'emballement médiatique autour de la possible adhésion d'Eric Stauffer au PDC du Valais romand (PDCVr) aura eu raison des velléités du tribun genevois. Le parti refuse la demande du fondateur et ex-président du Mouvement Citoyens genevois (MCG), établi en Valais depuis une année.

«Le déferlement médiatique nous a poussé à organiser une réunion d'urgence, explique Stéphane Pillet, le coordinateur ad interim du comité directeur du parti. Ce n'était pas une simple annonce au Nouvelliste, Eric Stauffer a organisé une véritable campagne médiatique. Il fallait arrêter cela rapidement, sous peine qu'on ne parle que de ça durant tout le week-end.» La décision a été prise à l'unanimité du comité directeur.

La porte n'est toutefois pas entièrement close. «Nous sommes prêts à ouvrir une discussion directe avec Eric Stauffer», reconnaît Stéphane Pillet, mais pas dans les conditions qui ont régné ce vendredi en Valais. Si le principal intéressé accepte la proposition du PDCVr, la discussion aura lieu sans média interposé et «sera planifiée ultérieurement», communique le parti.

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Des ambitions fédérales

Il faut dire que les déclarations d'Eric Stauffer ont fait l'effet du bombe. Le Genevois a annoncé, dans un article en ligne du Nouvelliste, son intention de rejoindre le PDCVr ainsi que sa volonté de se mettre à disposition des démocrates-chrétiens pour les élections fédérales de cet automne, estimant que son «expérience pouvait être bénéfique pour ce canton, avec, qui plus est, une vision différente de celle d’un Valaisan qui y a toujours vécu». Une manière de faire qui ne ressemble en rien à l'ADN du parti. Stéphane Pillet la jugeait même «cavalière», vendredi après-midi, avant que la décision de non-entrée en matière ne soit prise.

Dans ce parti, on fait ses preuves, on gravit les échelons petit à petit, avant de rêver à un poste à responsabilités. De plus, au sein du PDCVr, les candidatures pour les élections fédérales doivent être portées par une section, puis validées par le PDC du district concerné, avant d’être soumises au congrès, qui a le dernier mot. Rien de tout cela n'avait été respecté par Eric Stauffer. Jean-Charles Zimmermann, le président du PDC du district de Sion, nous avouait dans l'après-midi n'avoir eu aucun contact avec le tribun genevois.

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Le PDC, un choix mûrement réfléchi

Le PDC du Valais romand s'interroge également sur les motivations de la demande d'adhésion d'Eric Stauffer et sur les volontés de ce dernier de rejoindre le parti. Simple coup de communication ou véritable intérêt pour les idées défendues par les démocrates-chrétiens? Le Genevois ne cache pas qu'il a étudié toute les possibilités, dont celle de ne pas se relancer en politique, avant d'arrêter son choix. Après avoir pris son bâton de pèlerin et fait le tour de tous les partis du centre et de droite, il est arrivé au constat que «le seul parti qui a une vision stratégique pour le Valais, c’est le PDC».

A Genève, l’homme est passé par les libéraux, avant de rejoindre l’UDC, puis de créer le MCG et enfin de se lancer aux élections cantonales de 2018 sous les couleurs de Genève en marche. Appuyé sur la barrière qui fait face au siège sédunois du PDCVr, il promettait, vendredi après-midi, qu'en Valais il n'aurait qu’un seul amour politique: «Tant et aussi longtemps que j’habite dans ce canton, je serai membre du PDCVr. Et étant donné que je suis devenu propriétaire, ça risque de durer un certain temps.» Dans l’opposition au bout du lac, avec un populisme souvent exacerbé, il a choisi le parti majoritaire en Valais pour tenter de relancer sa carrière politique. Pour l'heure, c'est un flop.