Grand Genève

Le PDC veut renforcer la dynamique du Grand Genève

Le parti propose une résolution au Grand Conseil afin de revoir le mode de gouvernance du territoire franco-valdo-genevois: une prise de position claire en faveur d’une coopération avec la France

Dans la Cité de Calvin, le débat risque de s’enflammer sur l’avenir du Grand Genève. Jeudi, le Parti démocrate-chrétien (PDC) s’est positionné en faveur d’une coopération franco-suisse accrue. Au Grand Conseil, le groupe a proposé une résolution intitulée «Donner au Grand Genève les moyens de ses ambitions», visant à modifier le mode de gouvernance de l’agglomération.

Inspirés par le traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle de janvier dernier, les députés PDC militent pour qu’une voix politique commune s’élève de Nyon aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Ils souhaitent que le Grand Conseil fasse valoir son droit d’initiative cantonal pour que le Conseil fédéral négocie un accord-cadre de coopération transfrontalière avec Paris.

Fenêtre politique favorable

Depuis 2014, les questions transfrontalières se heurtent au scepticisme d’une partie de la population genevoise. Pour rappel, lors de la votation cantonale du 18 mai 2014, les Genevois ont refusé le financement de cinq P + R en France voisine. Aujourd’hui, si le PDC revient à la charge, c’est qu’il trouve que le paysage politique genevois s’est apaisé sur les questions de frontaliers.

Mardi dernier, le président du Conseil d’Etat genevois, le Vert Antonio Hodgers, annonçait aussi ressentir une dynamique favorable à une intensification de la collaboration avec la France. Pour Olivier Cerutti, député PDC au Grand Conseil, cela serait la bonne réponse à la «surchauffe» d’un canton genevois trop étroit, qui se densifie de manière hétérogène. Et ce, y compris à la circulation et à la pollution engendrées.

«Communauté de destin»

La région est en pleine croissance. Entre 1990 et 2014, sa population a connu une hausse de 37% et ses emplois de 23%. En 2011, les passages quotidiens de la frontière dans les deux sens s’élevaient à 550 000. Le député PDC Bertrand Buchs tire la sonnette d’alarme: «Soit Genève se sanctifie, soit elle entame une réflexion commune sur la croissance. C’est une obligation d’avoir une voix franco-suisse conjointe car nous formons une communauté de destin.»

Pour comprendre l’opinion de Bertrand Buchs, lire également: «Grand Genève: deux pays, un système»

Il existe déjà des plateformes de collaboration qui traversent la frontière franco-genevoise: actuellement, le projet de Territoire Grand Genève 2016-2030 (PA3), troisième projet d’agglomération depuis 2007, vise à mettre en œuvre 167 mesures dans les domaines de la mobilité, de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Avec sa proposition de résolution, le PDC dit pourtant innover: «Plus besoin de devoir remonter jusqu’à Berne à chaque fois», explique Bertrand Buchs. Et de déplorer que le PA3 avance projet par projet, ne permettant pas d’avoir une vue d’ensemble.

Si le Grand Conseil se révèle favorable à la résolution, les esprits pourraient s’échauffer en septembre prochain. Vincent Maitre, député et candidat du parti au Conseil national, espère pouvoir porter le projet jusque sous la coupole fédérale. Si un tel accord-cadre reçoit les faveurs de l’Assemblée fédérale, d’autres cantons frontaliers, tel Bâle-Ville, pourraient s’en inspirer.

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