«Il a commis des actes graves en faisant preuve d’un mépris total pour l’intégrité sexuelle de ses victimes et ce, afin d’assouvir bassement ses pulsions.» Le Tribunal correctionnel de Genève n’a trouvé aucune circonstance atténuante à celui qui avait notamment agressé une femme dans les toilettes de la brasserie des Halles de l’Ile lors de l’inauguration de l’établissement. Cet architecte belge, établi en Suisse de longue date, diplômé de l’EPFL, a été condamné à une lourde peine privative de liberté de huit ans. Le suivi d’un traitement d’une durée d’au moins cinq ans lui sera également imposé durant sa détention.

Les juges ont suivi intégralement l’acte d’accusation du procureur Marco Rossier en reconnaissant l’accusé coupable de deux tentatives de viol, de contraintes sexuelles, de voies de fait et d’insultes. L’intéressé, grand amateur de sorties nocturnes, de femmes et d’excès en tous genres, s’en était pris à quatre inconnues entre 2008 et 2009, dans la rue, dans les toilettes d’un wagon de train et dans celles de la brasserie qui fêtait son ouverture. Les agressions sont allées crescendo, relève le jugement tout en soulignant que le prévenu, certes miné par une enfance difficile, avait une bonne situation personnelle (une compagne et un petit garçon) et professionnelle et qu’il aurait pu emprunter un tout autre chemin.

La Cour a suivi les conclusions de l’expert psychiatre. Une très légère diminution de sa responsabilité pénale – en raison d’un fort taux d’alcoolémie – a été admise pour la seule affaire des Halles de l’Ile. A sa décharge, les juges ont estimé que l’homme, en détention préventive depuis 20 mois, avait pris conscience de ses fautes et tentait de s’amender. Il a de lui-même commencé un suivi thérapeutique et emprunté un chemin spirituel.