Le Temps: Quelle était la nature des relations entre votre employé et le régime du général Abacha?

Jean-Claude Gandur: Il a eu des relations suivies avec le ministre des hydrocarbures, mais je n'ai pu identifier que deux ou trois visites de sa part au fils du général. Il n'y a pas eu de complicité ou d'intimité. Notre employé dit qu'il n'a pas eu le choix et qu'il n'a découvert que tardivement que l'homme d'affaires avec qui il traitait agissait en fait pour le compte du fils Abacha.

– Quels étaient ses motifs pour collaborer à cette opération de transfert de fonds?

– Il a pensé agir pour le bien de la compagnie, en croyant que cela allait amener des affaires à cette dernière. Nous le croyons de bonne foi, et sommes convaincus qu'il n'a pas tiré de profit personnel de ces actions, comme il nous l'a affirmé.

– Cet épisode va-t-il changer votre façon de travailler en Afrique?

– Nous allons essayer de tirer la leçon de ces événements. Nous aurions pu empêcher tout cela d'arriver si nous avions été prévenus. Le silence du responsable, qui aurait dû avertir la société de ses actions, nous a choqués. C'est là le point problématique que nous avons dans ce cas.

Propos recueillis par Sy. B.