Comment diable différencier les trois projets énergétiques? Cette question tarabuste les stratèges fédéraux depuis deux ans. La solution finalement retenue n'est guère satisfaisante. Pour la taxe de 0,3 ct./kWh, le langage officiel fait état de «redevance promotionnelle» ou de «redevance pour l‘encouragement des énergies renouvelables» (c'est cette dernière expression qui figure sur les bulletins de vote). S'agissant de la seconde taxe, on parle officiellement de «norme fondamentale» ou de «redevance incitative sur l'énergie en faveur de l'environnement», et c'est ainsi libellée que vous la trouverez sur votre bulletin.

Ces dénominations sèment logiquement la confusion. Ce qu'on appelle aujourd'hui «redevance promotionnelle» a longtemps été qualifié de «taxe d'incitation», alors que la «redevance incitative» ouvre en réalité la porte à la réforme fiscale écologique souhaitée par le Conseil fédéral. Mais on évite d'utiliser cette dernière formulation afin de ne pas nuire au projet, légèrement différent, que le gouvernement garde en réserve pour le cas où la «redevance incitative» échouerait le 24 septembre.

Lors des débats parlementaires, Le Temps avait choisi, par souci de clarté, d'utiliser l'expression «taxe sur l'énergie» pour ce qui est aujourd'hui la «redevance promotionnelle». Pour la «redevance incitative», il recourait à l'expression «impôt écologique», étant donné que, s'il est accepté, ce projet trouvera sa place dans la Constitution fédérale au même titre que l'impôt fédéral direct et la TVA. Aujourd'hui, afin d'éviter toute confusion entre le dossier qu'il vous propose et ce que vous trouverez sur votre bulletin de vote, Le Temps préfère faire sienne l'appellation fédérale officielle. Mais à contrecœur…