«On peut y faire quelque chose!» ou «quel que soit votre problème dans la vie…» Ce sont quelques-uns des slogans que l'Eglise de scientologie mettait en scène à l'occasion de sa campagne genevoise. La grande tournée des scientologues bénévoles, commencée après les attentats du 11 septembre 2001, fait une étape de deux semaines à Genève. Dès le 18 juillet, les scientologues bénévoles avaient dans un premier temps donné rendez-vous au public sous une grande tente jaune installée sur la plaine de Plainpalais. Ils comptent toutefois rester à Genève jusqu'au 31 juillet… pour autant qu'ils puissent trouver où aller. En effet, la direction d'un hôtel situé près de la gare vient de refuser que les scientologues se déplacent à l'intérieur de son établissement. Selon le responsable de l'hôtel, «les membres de la scientologie avaient réservé une de nos salles pour organiser une conférence réunissant des gens du monde entier». Problème: il s'agit d'une conférence bien peu commune.

Il s'agit en fait d'une exposition théâtralisée comportant une série de photographies vantant le travail des ministres volontaires de la scientologie. La photographie du fondateur de l'Eglise de scientologie, L. Ron Hubbard, est bien entendu placée en début d'exposition. Beaucoup de produits dérivés sont également disponibles à la vente: livres, cassettes vidéo, DVD.

Mais le service le plus inattendu reste sans nul doute les séances de massage proposées au public sous l'appellation de «procédés d'assistance pour les maladies et blessures». Le responsable des ministres volontaires, Achille Lenzini, explique que «ces procédés, utilisés par les plus grands psychothérapeutes européens, permettent aux gens de retrouver le bien-être moral et physique». Plusieurs psychothérapeutes genevois contactés à ce sujet relèvent que de telles allégations sont complètement fausses.

Cours de ministre volontaire

Le périple ne se termine pas là. Après s'être fait dépoussiéré les vêtements par quelques caresses, une invitation à s'asseoir et à discuter de ses problèmes est proposée par un ministre volontaire. Des cours, dont le coût s'élève à 53 francs, sont dispensés pour obtenir le grade de ministre volontaire. Achille Lenzini ne cache pas que «cette vaste campagne a pour but de recruter des membres pour l'Eglise de scientologie».

L'Eglise de scientologie a bien entendu sollicité les autorisations d'installation sur le domaine public auprès du Département de justice, police et sécurité. La distribution de brochures ou de tracts en dehors de la tente était toutefois interdite, les piétons ne devaient pas être importunés et leur libre circulation préservée. La délivrance d'une telle autorisation a pourtant été refusée, par la police du commerce, pour une manifestation similaire qui devait se tenir cette année à Lausanne. Répondant ainsi au prosélytisme actif et agressif de certains membres de la scientologie, le canton de Vaud a en effet durci sa législation envers ce type d'organisations.

En 2000, un rapport rédigé par l'Administration fédérale au sujet de l'Eglise de scientologie avait conclu que les activités de cette organisation «ne justifient pas une surveillance particulière par les organes de protection de l'Etat».