Le Tribunal fédéral a confirmé la peine à perpétuité infligée par la justice genevoise à l’auteur d’un assassinat sordide commis sur un chauffeur de taxi homosexuel. Le seul tort de celui-ci avait été, apparemment, de lui avoir fait des avances. La victime a été tuée de 47 coups de couteaux et égorgée.

Pour le Tribunal fédéral, la mise à mort «atroce et barbare» d’un homme sans défense, étendu dans un lit, nettement plus âgé que son bourreau, pour un motif au mieux futile, mérite clairement la qualification d’assassinat et la peine la plus lourde prévue par le code pénal suisse. Dans la législation helvétique, l’assassinat ne requiert pas la préméditation mais «l’absence particulière de scrupule» dénotée par un comportement «particulièrement odieux».

Les deux hommes avaient fait connaissance dans un bar à proximité de la gare de Cornavin et s’étaient retrouvés un soir très tard au domicile du chauffeur de taxi. Celui-ci avait offert alors à son hôte de rester pour la nuit. Ils se sont installés dans le même lit. Alors que son hôte lui avait, semble-t-il, fait des avances, l’accusé a réagi avec une extrême violence et l’a lardé de coups de couteau. C’était le 3 janvier 1999.

Le crime n’aurait pas été élucidé si la justice luxembourgeoise n’avait eu à connaître d’un scénario très semblable survenu en 2006. C’est en 2011 seulement que, grâce à des échantillons ADN envoyés au Luxembourg, il est apparu que l’homme qui s’était spontanément présenté à la police du Grand-Duché après avoir tué un homme dans des circonstances étrangement similaires, était le même que celui qui avait sévi à Genève.

Tueur en série ? L’homme, en tout cas, n’est pas près de sortir de prison. Le double passage à l’acte de l’accusé, la brutalité sauvage avec laquelle il a ôté la vie d’un homme «sans défense et qui lui faisait confiance» justifient la peine la plus lourde. D’ailleurs, observent les juges, même s’il n’avait pas été précédé par un crime semblable, l’assassinat de Genève justifierait à lui seul la prison à vie.

Quant à la thèse de la légitime défense que l’accusé a continué à plaider devant le Tribunal fédéral, elle est balayée. Des avances, et même des attouchements, n’équivalent en rien à une attaque qui seule, rappellent les juges, permettent éventuellement d’admettre un acte de légitime défense, encore que d’autres conditions doivent être remplies.

Arrêt 6B¬_600/2014 du 23 janvier 2015. Publication prévue dans les ATF.