Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Frédéric Recrosio, a convié les Sédunois pour un «apéro de la réconciliation», ce dimanche 10 juin 2018.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT/KEYSTONE

Votation

«Personne n’a perdu, personne n’a gagné, mais on a tous dit m… au CIO»

L’humoriste Frédéric Recrosio a convié les Sédunois à un apéro de la réconciliation après une campagne crispée et parfois violente. Retrouvailles entre les oui et les non

Originaires de Sierre, les Rouiller père et fils se sont retrouvés dimanche autour d’un verre face à l’Hôtel de Ville de Sion. Eric, le paternel, a voté non, «parce que le budget était flou et qu’à la fin, il faut éponger les dettes et c’est au contractuel de sortir les billets.» Michael, le fiston, était pour, «parce qu’il y avait 6000 emplois à la clé et que forcément cela aurait boosté économiquement le Valais.»

Le non l’a emporté, ce qui au final importe peu à Frédéric Recrosio, «l’essentiel étant de réunir les gens». L’humoriste s’est affairé de bon matin afin que sa fête soit réussie. Il l’a appelée «l’apéro de la réconciliation». Seize encaveurs de la région lui ont livré gracieusement 300 bouteilles, des commerçants ont fourni saucissons, pommes, tomates cerises et les Croustilles de Sion. Pourquoi cette initiative? «La campagne a été crispée, parfois violente, surtout sur les réseaux sociaux. Nous avons proposé aux électeurs de se voir, l’idée est de les ramener au café comme jadis, pour avoir du recul, s’offrir un instant de détente et enterrer la hache de guerre.»

Lire l’opinion: Des Jeux, un jour, en Suisse: le projet devrait venir de Genève

Pari gagné. Sur les coups de 14h, ils étaient très nombreux rue du Grand-Pont. Humeur badine, joyeuse parfois. Céline: «Personne n’a perdu, personne n’a gagné, mais on a tous dit m… au CIO.» Elle était enfant en 1999, lorsque le CIO a préféré Turin à Sion pour les Jeux de 2006, mais n’a pas oublié que tout le monde pleurait. Serge trinque avec Fabienne et Alessandro. Deux non, un oui. Serge: «C’est l’histoire des transports qui m’a rebuté, Darbellay a dit qu’il faudrait déplacer 50 000 personnes par jour, c’est impossible dans nos montagnes. L’autre jour un bus articulé n’a pas passé un virage. Il a fallu une grue et un hélicoptère pour le décoincer.» Alessandro: «A la fin c’est toujours les mêmes qui engrangent l’argent. Ce n’était pas un projet de la base mais des promoteurs et de la Chambre de commerce.» Fabienne, rancunière: «Les JO c’est la fête, le monde entier se déplace, on va louper ça, on va rester recroquevillé dans nos vallées, à bailler dès le matin.»

Du tourisme de qualité plutôt que les JO

S’immisce Marylène Volpi Fournier, ancienne députée verte, partisane du non. «Mieux vaut se battre pour une arrivée du Tour de France ou des épreuves de la Coupe du monde de ski», assure-t-elle. Elle poursuit: «Au tourisme de masse promis avec des JO, je préfère celui de qualité, au bon pouvoir d’achat. Plein de Suisses s’en vont skier en Allemagne, en Autriche ou en France. Il faut les retenir en modernisant nos stations et en privilégiant la qualité.» Verre à la main, Cédric abonde: «Un de mes cousins habite Saint-Luc, dans le val d’Anniviers, il passe maintenant ses congés d’hiver aux Gets en France parce que l’accueil est meilleur, il y a des animations pour les enfants, tout est organisé. Chez nous, le vacancier doit passer chercher les clés de son chalet à l’agence et après il doit se débrouiller pour le trouver.»

A deux pas de là, sur la place de la Planta se tenait un rassemblement de vespa. Séverine est venue de Tignes (Savoie) avec son Piaggio de 1982. En apprenant le non des Valaisans aux JO, elle est ébahie: «Je ne comprends pas. Nous les avons eus chez nous, ceux d’Albertville en 1992, et on bénéficie encore de retombées. Si le Tour de France vient encore cette année, c’est parce que les JO ont fait connaître notre région. Et les équipements servent plus que jamais, la piste de bob est devenue un fabuleux roller park.»

Retrouvez notre suivi en continu de ce dimanche de votations.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a