Neuchâtel/Fribourg

Le personnel de Migros demande le départ de Damien Piller

Les collaborateurs de la coopérative régionale Migros Neuchâtel-Fribourg demandent le départ avec effet immédiat de leur président, accusé par la centrale à Zurich d’enrichissement personnel. La crise est sans précédent dans l’histoire de l’entreprise

Il ne s’agit pas que du énième épisode dans le long bras de fer auquel se livrent Migros et l’homme d’affaires fribourgeois Damien Piller, inamovible président de la coopérative régionale Migros Neuchâtel-Fribourg (MNF) depuis vingt-trois ans. C’est un épisode qui donne une nouvelle dimension à ce conflit ouvert qui s’était jusqu’ici cantonné à la tête de l’entreprise. En effet, ce jeudi, ce sont les collaborateurs de MNF eux-mêmes qui ont publiquement demandé la démission avec effet immédiat de Damien Piller et de l’administration (l’équivalent d’un conseil d’administration) de la coopérative régionale qui lui est demeurée fidèle.

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Cette communication fait suite à une assemblée extraordinaire de la commission du personnel organisée la veille. Pour les employés, la relation de confiance est rompue. «Le dégât d’image est énorme, justifie Alain Montani, le président de la commission du personnel. Pour nos collaboratrices et collaborateurs, il est inadmissible que des administrateurs qui ont perdu la confiance de l’ensemble de l’entreprise s’accrochent encore à leur siège. La démission est selon nous la seule issue et l’unique chance de retrouver un peu de sérénité.»

Un litige de 1,7 million

Pour rappel, la coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg traverse une crise sans précédent. Celle-ci trouve son origine dans les accusations d’enrichissement personnel portées par la Fédération des coopératives Migros (FCM) à Zurich contre son président régional Damien Piller. Les soupçons portent sur deux factures litigieuses d’un total de 1,7 million de francs versés par MNF à deux sociétés contrôlées par l’homme d’affaires dans le cadre de la construction des magasins à Belfaux et La Roche. Des versements qui n’ont donné lieu à aucune contre-prestation, selon deux enquêtes commanditées par Migros.

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Au mois de juillet dernier, la FCM et la MNF déposaient successivement plainte auprès du Ministère public fribourgeois contre Damien Piller, notamment pour gestion déloyale. Depuis, le principal intéressé n’a cessé de dénoncer «la faiblesse du dossier d’accusation» et un acharnement visant en priorité à «se débarrasser d’un président gênant» qui a toujours défendu avec force les petites coopératives régionales. Mardi encore, Damien Piller annonçait avoir ouvert les comptes de ses deux sociétés en vue d’un audit.

Vote décisif le 16 novembre

Ce jeudi, via un communiqué de presse, Damien Piller a pris acte du vote consultatif des collaborateurs. Il regrette néanmoins qu’il n’ait pas été convié et qu’il n’ait donc pas eu l’occasion de s’expliquer devant le personnel. Reste que sa position devient compliquée. Son sort sera tranché prochainement, le samedi 16 novembre. A cette date, l’ensemble des 124 000 coopérateurs neuchâtelois et fribourgeois sont appelés à voter pour dire s’ils veulent la démission ou non de Damien Piller et de l’administration. Un scrutin inédit dans la longue histoire du géant orange.

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