Médias

Le personnel de la RTS inquiet face aux réformes

Au lendemain du rejet de «No Billag», les collaborateurs oscillent entre soulagement et appréhension. Le directeur, Pascal Crittin, est allé ce lundi à leur rencontre

Une certaine gravité régnait dans les locaux de la RTS au lendemain du rejet, aussi massif qu’inespéré, de l’initiative «No Billag» avec 72% de non. Malgré le soulagement, les collaborateurs ne cachent pas leur amertume. Dimanche soir, ils ont adopté une attitude de retenue, comme demandé par leur direction. Une impossibilité de fêter la victoire après plusieurs mois de tensions qui suscite des frustrations.

«Les sentiments sont mélangés»

Surtout, au moment de se remettre au travail ce lundi matin, beaucoup d’employés ont déjà le regard tourné vers les mesures d’économies qui s’annoncent. «Les sentiments sont mélangés, reconnaît-on à l’interne. D’un côté, il y a la satisfaction du magnifique soutien populaire que nous avons reçu, de l’autre nous ressentons de l’inquiétude devant le plan de restructuration qui s’annonce strict.»

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Ce lundi, Pascal Crittin, directeur de la RTS, est allé à la rencontre du personnel, le matin sur le site de la télévision à Genève, l’après-midi à la radio à Lausanne. Devant des salles combles, il a remercié les collaborateurs, mais n’a pas donné davantage d’informations précises sur la suite. Les mesures envisagées visant le budget 2019 devraient être décidées d’ici à l’été. Mais le calendrier définitif n’est pas encore arrêté.

Economies de 100 millions

«En raison du plafonnement de la part de la redevance allouée à la SSR, mais aussi de la baisse des recettes publicitaires, nous devons, au niveau national, économiser près de 100 millions de francs», explique Pascal Crittin au Temps. Face à la menace de «No Billag», la conseillère fédérale Doris Leuthard avait en effet rapidement annoncé dans la campagne une diminution de la redevance de 451 à 365 francs par ménage, soit un franc par jour. Un beau coup politique, mais qui va contraindre à des coupes budgétaires.

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«Notre but est de réaliser ces économies en touchant le moins possible à l’offre de programmes, poursuit Pascal Crittin. Nous ouvrons dès à présent un chantier avec pour objectif d’améliorer autant que possible nos organisations, nos modes de fonctionnement, nos infrastructures et nos modes de production afin d’être le plus efficients possible.»

Les explications du directeur peinent à calmer les craintes des employés. «Nous sommes entrés dans une période d’inconnues, relève l’un d’entre eux. Y aura-t-il des choix nets ou des coupes linéaires? Des licenciements seront-ils décidés? Nous n’en savons rien.»

Syndicat mobilisé

Face aux menaces de suppression d’emplois, le Syndicat suisse des mass media préfère prendre les devants. Interrogée par Le Temps, Valérie Perrin, sa secrétaire romande, estime que, vu les annonces, l’entreprise est déjà entrée dans un processus de licenciements collectifs. Le syndicat attend que la direction présente son projet de restructuration le plus rapidement possible, de manière à pouvoir entamer la procédure de consultation auprès des salariés.

Collaboration: Yelmarc Roulet

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