Les employés des hôpitaux et homes se mobilisent mardi dans toute la Suisse pour recommander le rejet de l'article constitutionnel sur a santé. Ils distribueront des tracts et porteront un badge appelant à voter «non au diktat des caisses» le 1er juin.

L'action sera menée par des médecins, infirmières et infirmiers de plusieurs hôpitaux et EMS ou fournissant des soins à domicile. Prônant le oui, l'organe faîtier des hôpitaux suisses, H+, a rappelé que dans plusieurs hôpitaux publics, les manifestations politiques sont «limitées».

Le matériel d'information sera remis devant les établissements et aucun patient ne sera importuné, a tenu à préciser lundi Rosmarie Glauser, secrétaire politique de l'Association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique. Selon elle, la plupart des directions des hôpitaux publics soutiennent leur position.

Seuls certains établissements privés auraient interdit à leurs employés de participer à cette journée d'action, mise sur pied par une alliance d'organisations de personnel actif dans le secteur de la santé, a-t-elle ajouté.

Médecine à deux vitesses

Les représentants des différentes organisations ont rappelé leur crainte de voir s'établir une médecine à deux vitesses si l'article constitutionnel, qui introduit plus de concurrence, est accepté. Des personnes âgées ne pourront plus avoir accès à des prestations normales à moins d'être très riches, a dénoncé Otto Piller, président de l'Association des homes et institutions sociales et ancien directeur de l'Office fédéral des assurances sociales.

Ce qui fait surtout peur aux professionnels de la santé, c'est que les caisses maladies renforcent leur pouvoir et décident à l'avenir quels médecins, quels hôpitaux et quelles prestations elles acceptent de rembourser. L'aspect financier prévaudra sur la qualité du traitement, craint Rosmarie r. Le personnel risque de faire les frais d'un changement du système de santé, a prévenu Pierre Théraulaz, président de l'Association suisse des infirmières et infirmiers. Comme plus de 70% des coûts hospitaliers sont des frais de personnel, on tentera de faire des économies dans ce domaine, craignent les opposants.