JO

Peter Bodenmann: «Nous avons la grippe olympique»

L’hôtelier de Brigue, ex-président du PSS et conseiller d’Etat, s’oppose farouchement à la candidature de Sion 2026

Il bouillonne, Peter Bodenmann. L’hôtelier de Brigue, qui conserve une plume fielleuse dans ses chroniques de la Weltwoche, ne croit pas une seconde aux retombées positives que pourrait avoir la candidature de Sion 2026. «Nous avons la grippe olympique», ricane-t-il. Selon lui, cette campagne n’est qu’un «mauvais spectacle politique» qui ne lui inspire qu’une ironie grinçante, surtout après la fermeture soudaine des installations de Crans-Montana: «C’est catastrophique en termes d’image pour les promoteurs de Sion 2026.»

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Lors de la dernière candidature sédunoise à la fin des années 1990, l’ex-président du Parti socialiste suisse était devenu conseiller d’Etat. A cette époque déjà, il n’était pas partisan de l’organisation de JO en Valais, mais il avait accepté de taire son opposition au sein du gouvernement en posant une seule condition: que le canton s’engage à construire des bâtiments publics selon les standards Minergie. «C’est ainsi que le Valais est devenu le premier canton de Suisse à introduire ces standards. Tout le monde ne parlait que de durabilité, mais moi, j’avais au moins obtenu quelque chose de concret», raconte-t-il.

Aujourd’hui, Peter Bodenmann n’a pas changé d’avis. Le problème est d’abord financier en raison des coûts de sécurité qui explosent. Trop de questions restent ouvertes, notamment celle des responsabilités financières en cas de déficit. «Le CIO est une immense machine à faire de l’argent. Il ne va certainement pas faire de concessions en proposant d’éponger une partie du déficit», note-t-il. Ce d’autant plus que la position du CIO s’est renforcée ces derniers jours après l’annonce de deux nouvelles candidatures crédibles, celles des Italiens de Milan-Turin et des Autrichiens de Graz-Schladming.

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Mercredi 4 avril, le PS du Valais romand, après avoir consulté ses membres, a annoncé qu’il recommandait le non pour la votation du 10 juin prochain. Le résultat a été clair: 68% d’opposants, qui estiment que le Valais devrait s’orienter vers un «tourisme quatre saisons» et non pas tout miser sur l’hiver à travers cette candidature. «Au lieu d’engager plus de 1,2 milliard d’argent public dans l’organisation de JO éphémères, les pouvoirs publics seraient mieux inspirés en investissant dans des projets réellement durables, comme le second tube du tunnel ferroviaire du Lötschberg, l’enfouissement des lignes électriques et les subventions aux primes de caisses maladie.»

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