Ce mercredi 12 février 2020. Adolf Ogi appelle son ex-porte-parole Oswald Sigg: «Vous avez vu les infos? Est-ce que je dois savoir quelque chose?» Depuis quelques heures, les médias suisses et étrangers ne parlent que de ça. «L’affaire Crypto AG» ressurgit dans l’actualité avec de nouvelles révélations. Elles indiquent que les renseignements suisses «étaient impliqués» dans l’une des plus grandes opérations d’espionnage de l’histoire suisse et que des hauts fonctionnaires helvétiques ont décidé de protéger la relation existant entre les services américains, allemands et Crypto AG.

Mandaté au printemps par le Conseil fédéral, l’ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer doit publier son rapport d’enquête parlementaire ce mardi 10 novembre. Très attendu, il devrait faire la lumière sur l’opération d’espionnage la plus sophistiquée et la mieux gardée des années 1990, ses acteurs et leurs implications. Depuis ces révélations, plusieurs noms sortent du chapeau. Parmi ceux-ci, celui de Peter Regli. Le Tessinois de 76 ans a dirigé le renseignement de 1991 à 1999. Sa grande marge de manœuvre, la controverse née de certains de ses actes, ainsi que ses liens étroits avec certains agents américains en disent beaucoup des ambiguïtés des services secrets suisses dans les années 1990.