Comment font-ils campagne, avec quels moyens et quelle motivation? Alors que les candidats aux élections n'ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» en suit six.

Le portrait: Kevin Morisod, un novice vert qui s'impose

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«C’est pour quel parti? Les Verts? Hier j’ai reçu le flyer du PDC», sourit une passante. La distribution de tracts est un classique des campagnes électorales et les Verts valaisans n’échappent pas à la règle. Jeudi, depuis 6h du matin, Kevin Morisod et trois de ses collègues de parti étaient sur le pied de guerre à la gare de Saint-Maurice, pour faire connaître le programme des écologistes. Et pour amadouer les potentiels électeurs, chocolat et petits pains sont de la partie.

«Le petit pain, c’est l’outil de campagne le plus rentable. Il ne coûte pas cher à fabriquer et les gens en raffolent», rigole Kevin Morisod. Le terrain lui donne raison, en moins de deux heures, tout le stock préparé la veille a disparu. «Contrairement à d’autres partis, nous, les Verts, n’avons pas les moyens de faire une grosse campagne d’affichage. Il faut donc être un peu plus créatif», glisse-t-il entre deux vagues de pendulaires.

Cibler les jeunes

A Saint-Maurice, oubliez le flux continu de passants. La gare s’anime à chaque arrivée de trains. Et plus la matinée avance, plus la vague de voyageurs devient importante. Au point, parfois, de submerger le candidat. Dans ces conditions, impossible de toucher tout le monde. Il faut cibler. Principalement les jeunes, qui se rendent au Lycée-Collège de l’Abbaye? «Avec les Jeunes Vert-e-s Suisse nous mettons l’accent, durant cette campagne, sur cette nouvelle génération, qui a manifesté pour le climat. Il faut la faire voter, car les élections sont une des solutions pour résoudre la crise climatique», souligne Kevin Morisod.

Les étudiants sont plutôt réceptifs, mais quelques-uns font remarquer au candidat qu’ils n’ont pas encore l’âge pour voter. Kevin Morisod ne se décourage pas: «Nous avons des jeunes de 14 ans qui adhèrent au parti. Il n’y a pas d’âge pour s’intéresser à la politique.»

Un vote tabou

La distribution continue. Des flyers finissent à la poubelle quelques mètres plus loin, tandis que certains passants prennent le temps d’échanger quelques mots avec le candidat. «On a fait notre profil Smartvote et on est parfaitement dans votre ligne», lui glisse un couple. «On va voter pour les Verts, mais on n’ose pas le dire», ajoute l’homme à voix basse. Kevin Morisod rit jaune. Mais le Vert se rassure quelque peu en se disant qu’en Valais de nombreux électeurs de l’UDC n’avouent pas non plus qu’ils glissent dans l’urne la liste d’un parti qui est pourtant le premier de Suisse. Et l’espoir de voir un Vert valaisan sous la coupole fédérale refait surface, plus fort que jamais.

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