Le «petit tsar» condamné à Genève

Procès L’affaire de l’octogénaire trop généreuse se conclut en nuances

Devant la justice

Jugement tout en nuances dans l’affaire des deux Biélorusses qui s’étaient incrustés cinq années durant chez une octogénaire. Non sans déplorer le caractère opportuniste de ce duo qui a su profiter de la générosité d’une vieille dame, le Tribunal correctionnel a estimé que la pression psychologique exercée n’était pas suffisamment sérieuse pour constituer un délit de contrainte. La mère et le fils sont donc acquittés de ce chef.

Boris, de son prénom fictif, est en revanche reconnu coupable d’extorsion et chantage pour avoir obtenu de son hôtesse divers achats en lui faisant craindre ou subir des violences. Il l’avait brutalisée en lui serrant les bras ou en la mordant. Les juges ont aussi acquis la conviction que c’est bien lui qui a fait ingurgiter des tranquillisants à l’aînée pour une raison qui reste obscure. A défaut de pouvoir déterminer la concentration de médicament et donc le risque mortel encouru par la victime, le tribunal retient des lésions corporelles simples qualifiées.

La mère, contre qui seul un séjour illégal est finalement retenu, est condamnée à 30 jours-amendes avec sursis. Pour avoir passé en tout 116 jours en détention provisoire (dont 86 en trop), elle se voit octroyer une indemnité de 17 200 francs. Boris écope quant à lui d’une peine de prison de 30 mois, dont la moitié avec sursis durant quatre ans. Le tribunal a relevé «la collaboration et la prise de conscience nulles» de cet homme, qui s’en est pris à l’intégrité physique de sa bienfaitrice et n’a pas hésité à la salir lors de l’audience de jugement. Comme il a déjà passé 538 jours à Champ-Dollon, sa libération immédiate a été ordonnée. Il est condamné à payer 6000 francs de tort moral à l’octogénaire, plus un montant pour le dommage matériel et les frais d’avocat.