Famille

Pétition pour un congé parental

Alors que presque toute l’Europe connaît aujourd’hui le congé parental à partager entre les deux parents, la Suisse ne connaît toujours que le congé maternité de 16 semaines. Une pétition de la gauche vise ainsi à soutenir l’initiative du démocrate-chrétien Martin Candinas pour un congé paternité de deux semaines

Il manque toujours en Suisse un congé parental pour les deux parents, ce qui existe dans presque tous les pays d’Europe. Une pétition rédigée par quatre parlementaires, tous jeunes parents, Rebecca Ruiz (PS/VD), Aline Trede (Verts/BE), Bastien Girod (Verts/ZH) et Cedric Wermuth, (PS/AG), vient d’être lancée pour introduire un congé parental en cours de législature. Ces élus de gauche viennent en quelque sorte au secours de l’initiative parlementaire du PDC des grisons Martin Candinas, qui demande un congé paternité de deux semaines.

Or cette initiative, acceptée par la commission de la sécurité sociale et de la santé (CSSS) du Conseil national, vient d’être remise dans un tiroir par celle du Conseil des Etats. Si la proposition du jeune démocrate-chrétien a quelques chances au Conseil national, compte tenu de la composition du Conseil des Etats, plus masculin et conservateur et plutôt proche de l’âge d’être grand-père, les chances du congé paternité, financé par l’assurance perte de gain, sont plutôt minces.

C’est la raison pour laquelle les quatre élus trentenaires ont lancé en juin leur plateforme «jeunes parents pour une politique familiale moderne». Principal objectif, la mise sur pied d’un congé parental commun, à prendre dès la naissance, quel que soit le type de famille. Leur pétition, qui vise indirectement à faire pression sur les sénateurs membres de la CSSS, devrait être déposée au Conseil national lors de la session de décembre.

C’est surtout pendant les premières années de vie des enfants que la charge de travail des jeunes mères et pères est considérable et constitue un gros obstacle à la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle, estime le Centre suisse de compétence pour les droits humains. Lequel constate toutefois qu’en Suisse ce congé n’est toujours pas une priorité. Pourtant de plus en plus de grandes entreprises négocient de telles possibilités avec les salariés. Ce qui provoque un développement à deux vitesses, regrettent les quatre parlementaires.

Le texte de la pétition ne dit rien de la durée de ce congé, de son organisation et de son financement. Car les options divergent à ce sujet. Un rapport du Conseil fédéral de 2013 présentait huit variantes allant de la plus simples, inscription du droit sans précision de durée ni de financement, jusqu’à 24 semaines financées par les APG.

En Allemagne, qui souffre de la dénatalité, le congé est d’un an et peut être porté à 14 mois si le père prend les deux mois auquel il a droit. 25% des jeunes pères avaient demandé à en bénéficier en 2010. L’indemnité est plafonnée à 67% du dernier salaire et à un maximum de 1800 euros. En Suède, le congé parental dure 480 jours. La mère a droit à 60 jours qui lui sont réservés, tout comme le père. Les 360 jours restants sont à partager entre les deux parents et le montant est équivalent à 80% du dernier salaire.

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