Les petits partis du centre abattent leur atout dans le jeu vaudois

Fédérales Un club des cinq s’offre au PLR en meilleur allié que l’UDC

Tandis que le PLR vaudois réfléchit encore à renouveler ou non son alliance avec l’UDC, en vue des prochaines élections fédérales, communales et cantonales, les petits partis dits du centre prennent l’initiative.

Ayant conclu entre elles un apparentement électoral et une plateforme thématique, ces formations font un appel du pied au PLR en se présentant comme une solution alternative à l’alliance avec le parti blochérien. «A nous tous, nous représentons 12 à 15% des voix, assurent-ils. Si la droite veut récupérer la majorité au Conseil d’Etat en 2017, elle devra compter avec nous.»

Cette initiative est d’abord une tentative de compenser l’extrême fragmentation de cette partie de l’échiquier politique vaudois. Le «centre uni» dont il est désormais question compte pas moins de cinq composantes: les Vert’libéraux, le PDC, et Vaud libre, qui sont représentés au parlement cantonal (13 députés au total sur 150), ainsi que le Parti bourgeois démocratique (PBD) et le Parti évangélique.

Le premier objectif que traduit l’apparentement est de gagner un troisième siège au Conseil national. Malgré les déconvenues électorales subies dans d’autres cantons par les Vert’libéraux et le PBD, ce nouveau club des cinq pense qu’il conservera les deux sièges actuels «sans problème.» Ces deux fauteuils sont actuellement occupés par la Vert’libérale Isabelle Chevalley et le PDC Jacques Neirynck. Ce dernier devrait figurer sur une liste «seniors» des démocrates-chrétiens vaudois, Claude Béglé figurant en tête de la liste principale. Tous deux sont également candidats au Conseil des Etats.

Une offre déconcertante

Dans la plateforme commune signée par les cinq formations ­figurent deux points qui paraissent exclure certains partis: l’attachement aux accords bilatéraux d’une part, la sortie du nucléaire de l’autre.

Pour le reste, ce document de deux pages A4 se contente de généralités, comme sur la classe moyenne, «un pilier essentiel de notre société qu’il faut soulager», ou les délinquants, «qui doivent être sanctionnés».

Tout autant qu’à proclamer des «valeurs du centre non négociables» (Emmanuel Gétaz, président de Vaud libre), cette initiative sert à positionner dans le jeu électoral ces partis très minoritaires, sections de partis suisses sans grand ancrage cantonal pour les uns, formations issues de scissions pour les autres.

L’offre des cinq alliés n’enthousiasme guère Frédéric Borloz, le président du PLR, qui n’a pas abandonné l’espoir de rassembler une majorité s’étendant du PDC à l’UDC. Une telle alliance vient de gagner les élections zurichoises. «Il faut les voix de tout le monde pour reprendre notre majorité au gouvernement, estime-t-il. La gauche arrive à se rassembler malgré des différences plus grandes que les nôtres.» Les discussions sur une large plateforme «contenant cinq à dix valeurs fondamentales et excluant les sujets qui fâchent» devraient selon lui se poursuivre et aboutir d’ici à l’été.

Dans l’immédiat, la «main tendue» des petits centristes ajoutera un peu d’animation au congrès que le PLR tient mercredi pour décider de sa politique des alliances.