Depuis 1991, les partis gouvernementaux ont encore augmenté leur emprise sur l'électorat, passant de 69 à 81%. Mais d'une manière générale, les petits partis, auquel le baromètre électoral consacre aujourd'hui une étude particulière, parviennent à maintenir leurs positions, malgré la polarisation du champ politique. Après un accès de faiblesse en 1991, les Verts se sont stabilisés à 5%. Les évangéliques conservent leurs 2% depuis 1987. Les libéraux sont un peu plus sous pression. Ils ont perdu du terrain depuis 1991 et leurs sièges au Conseil des Etats en 1999. Ils sont actuellement au même niveau que les évangéliques.

Les petits partis contribuent à élargir le spectre et donc l'offre politique, les Verts un peu à la gauche du PS et les libéraux dans un espace allant de la droite du centre aux positions de l'UDC, avec toutefois un électorat différent. Quant aux évangéliques, ils sont tout aussi au centre que le PDC. Aucun d'eux ne peut prétendre à une représentation exclusive d'un segment du spectre politique. Ils doivent se contenter des marges de l'espace occupé par les quatre partis gouvernementaux, ce qui limite singulièrement leurs perspectives de croissance.

Les petits partis sont également moins profilés que les partis gouvernementaux sur les questions de société qui font les thèmes de campagne et qui permettent de séduire les jeunes électeurs. Les Verts et les libéraux sont respectivement associés à l'environnement et à l'Europe, deux thèmes qui ne sont plus prioritaires pour l'opinion.

Capacité à mobiliser

Une des conditions de leur maintien est leur capacité à mobiliser leur électorat. Les meilleurs de tous sont à cet égard les libéraux, qui parviennent à mobiliser 72% de leur électorat. Cela est dû en partie au fait que le PLS a en comparaison un électorat plus âgé, qui vote plus régulièrement. En tant que parti de gauche, les Verts ont un électorat plutôt jeune, donc difficile à mobiliser et se trouvent fortement concurrencés par le PS auprès des électeurs qui voteront pour la première fois en 2003. Cet électorat est par ailleurs volatil et panache volontiers ses listes. Les libéraux ont eu aussi un gros problème avec la fidélité de leur électorat. Un tiers des électeurs libéraux de 1999 votera pour d'autres candidats en 2003, séduits d'abord par les radicaux mais presque autant par les démocrates du centre, qui deviennent de redoutables concurrents en Suisse romande.

Si les élections avaient eu lieu à fin juin, le premier des partis non gouvernementaux aurait obtenu 5% des suffrages, comme en 1999. L'un des problèmes des Verts est que la protection de l'environnement n'est plus un thème dominant dans l'opinion. Leur électorat se laisse volontiers séduire par le PS. A court terme, ils doivent faire un effort pour mobiliser cet électorat. A long terme, leur difficulté à attirer de nouveaux électeurs pourrait se révéler problématique. Ils devront soit se profiler sur de nouveaux thèmes, soit relancer la problématique de la protection de l'environnement.

A six mois des élections, les libéraux ont, pour leur part ,perdu un peu de terrain par rapport à 1999 et trouvent dans l'UDC un nouveau concurrent, plus proche sur l'axe gauche-droite que les radicaux. Le défi pour les libéraux est de se positionner comme une alternative bourgeoise, non seulement par rapport aux radicaux, mais désormais également par rapport à l'UDC. La question clé de ces élections est de savoir s'ils arriveront ou non à reprendre pied au Conseil des Etats.