Le texte du PS a été refusé par plus de 1,51 million de citoyens. Environ 1,07 million l’ont soutenu. Assortie de menaces d’une hausse généralisée des impôts, la coûteuse campagne orchestrée par les milieux économiques a fait mouche.

La gauche, donnée gagnante après les premiers sondages, essuie un nouvel échec dans sa lutte en faveur de ce qu’elle considère comme l’«équité fiscale». Son espoir d’obtenir au moins la majorité du peuple, à défaut de la majorité des cantons a été douché.

Nidwald en tête

Les résultats ont parfois été cinglants, en particulier dans les paradis fiscaux de Suisse centrale et primitive qui auraient dû réviser leurs barèmes à la hausse. La palme revient à Nidwald, avec un score de huit contre dix (79,9% de «non»).

Autre paradis fiscal, Zoug suit de près avec 79,5% de refus. Obwald, dont les impôts dégressifs avaient suscité le lancement de l’initiative populaire, s’aligne avec un taux de rejet de 79,2%. Parmi les dix cantons qui n’auraient pas dû changer leur système d’imposition en cas d’acceptation, le Valais a pourtant dit «non» à 68,4%. En Suisse romande, Fribourg à 54,2% et Vaud à 53,2% en ont fait de même, tout comme Berne (58,5%) et le Tessin (59,4%).

Seuls quelques cantons ont appuyé l’initiative. Les Jurassiens se sont montrés les plus convaincus, avec 59,1% de «oui». Le camp des partisans a rassemblé également Bâle-Ville (58,7%), Neuchâtel (57%) et Genève, de justesse (50,7%).

Minorité touchée

L’initiative demandait l’instauration d’un taux d’imposition d’au moins 22% pour les personnes déclarant un revenu de plus de 250 000 francs par an et de 5 pour mille pour les fortunes imposables supérieures à deux millions de francs.

Moins de 32 000 contribuables (moins de 1%) ont annoncé un revenu imposable de plus d’un quart de million en 2007, selon l’Administration fédérale des contributions. Ils se sont acquittés de 35% des recettes de l’impôt fédéral direct. Quant à l’imposition de la fortune, quelque 86 000 personnes déclarent plus de deux millions de francs.