Genève s’engage dans un processus de longue haleine: renflouer d’ici à 2052, comme l’impose désormais la loi fédérale, les provisions de ses deux principales institutions de prévoyance publiques qui seront fusionnées dès l’an prochain. L’opération coûtera 6,3 milliards de francs à l’Etat-employeur et imposera aux fonctionnaires de cotiser davantage pour des retraites rabotées. Elle était attaquée des deux côtés: d’une part par un référendum issu de l’extrême gauche, mais aussi par des voix minoritaires de droite, jugeant insuffisants les sacrifices exigés de la fonction publique. En revanche, ce renflouement était soutenu par tous les ­partis parlementaires et gouvernementaux qui ont affiché leur soulagement après le oui très net du peuple (75,1%).

«Privilégier le consensus»

«Aujourd’hui, le dialogue est le seul mode possible de gouvernement, commente le ministre des Finances, David Hiler, qui a piloté durant cinq ans la préparation du projet. Des personnes intelligentes de tous bords ont compris qu’il fallait privilégier le consensus plutôt qu’un blocage qui aurait mené à l’immobilisme et à la faillite.» En janvier, l’exécutif avait averti qu’il n’y avait pas de plan B possible, un projet viable d’assainissement devant être présenté à Berne cet été déjà. Les agences de notation avaient averti qu’une dégradation de la note du canton était possible en cas d’impasse. Reste que si un parti comme le PLR a pu convaincre ses troupes, c’est aussi en promettant de poursuivre la remise en question des avantages de la fonction publique. «On n’est pas à l’abri d’une dégradation des finances de la caisse fusionnée et on est allé à l’extrême de ce que la solidarité pouvait exiger», avertit le rapporteur de majorité libéral Pierre Weiss. Et de lister les points qui pourraient alors être remis en cause: la primauté des prestations, la cotisation payée aux deux tiers par l’Etat-patron, l’âge de la retraite ou encore la clause de pénibilité. En outre, sur un thème connexe, les retraites anticipées de la fonction publique sont déjà sur la sellette au parlement.

Dans l’immédiat, l’épilogue de la fusion des caisses pourrait décrisper les pourparlers sur le budget cantonal 2013 qui s’éternisent depuis l’automne. La Commission parlementaire des finances devrait siéger sans limite d’horaire ce mercredi alors que le Conseil d’Etat devrait émettre des contrepropositions aux mesures d’économies votées par la majorité de droite.