Défense

Le peuple votera sur l'achat de nouveaux avions de combat

Le Conseil fédéral a tranché vendredi pour un référendum. Le scrutin, qui portera sur le principe et l'enveloppe financière de l'acquisition, aura lieu au plus tard en 2020. Le Groupement pour une Suisse sans Armée (GSsA) s'engouffre dans la brèche

Le peuple pourra voter sur l’achat des avions de combat mais pas sur le type de jet choisi. Le Conseil fédéral a annoncé vendredi un arrêté de planification soumis au référendum. Une votation devrait intervenir au plus tard en 2020.

Le Conseil fédéral a choisi cette option, car il considère le renouvellement de la flotte aérienne de l’armée comme un point essentiel de la politique de sécurité. En outre, les deux précédents projets d’acquisition ont été soumis au peuple: les F/A-18 en 1993 et les Gripen en 2014. Il répond ainsi aux demandes en ce sens du parlement.

Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de la défense (DDPS) d’élaborer un projet d’arrêté de planification selon les décisions de principe prises à l’automne 2017. Le DDPS a prévu au maximum 8 milliards de francs pour l’achat de nouveaux jets de combat ainsi qu’un nouveau système de défense sol-air.

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Votation au plus tard en 2020

L’arrêté de planification indiquera le but de l’achat et la facture maximale. La votation aura lieu dès que possible, au plus tard en 2020, mais avant que le Conseil fédéral ne prenne une décision quant au type d’avion de combat. Cela lui permettra d’éviter des travaux de planification inutiles.

Ensuite, le gouvernement pourrait demander l’acquisition au parlement, vraisemblablement avec le message sur l’armée 2022. Le Programme Air2030 se composera principalement de l’achat de nouveaux jets et d’un nouveau système de défense sol-air.

La nouvelle escadrille est appelée à remplacer l’actuelle flotte de 54 Tiger et de 30 F/A-18. Le programme comprendra aussi des renouvellements et des modernisations qui concernent le système de conduite et de surveillance de l’espace aérien (Florako).

Achat de 30 aéronefs et d’un système de défense sol-air

A ce stade, le Conseil fédéral n’a pas fixé le nombre de jets, ni leur fournisseur. Avec 8 milliards, le Conseil fédéral s’inscrit sur une ligne moyenne entre les options présentées en mai par un groupe d’experts, qui allaient de 5 à 18 milliards.

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Cette version prévoit l’achat de 30 aéronefs et d’un système de défense sol-air étendu. Mais il reviendra aux spécialistes de définir clairement la combinaison.

Cinq productions devraient être évaluées. De ce côté-ci de l’Atlantique, on retrouve le Gripen suédois, le Rafale français et l’européen Eurofighter. S’y ajoutent deux avions américains: le successeur du F/A-18, le Super Hornet, et le très cher et très puissant F-35.

Le GSsA lancera le référendum 

Le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) n'a pas mis longtemps pour annoncer qu'il lancera le référendum sur l'achat des avions de combat. S'il saute dans la brèche, ce groupe n'en critique pas moins la méthode. 

Soumettre ainsi au référendum un tel arrêté de planification est «démocratiquement douteux», écrit le GSsA. Il ne contient ni les coûts exacts, ni le modèle, ni même le nombre de jets, critique Lewin Lempert, secrétaire du GSsA, dans un communiqué. 

Avec cette variante, le peuple ne pourra pas se déterminer en connaissance de cause. Une telle méthode donne un chèque en blanc au Conseil fédéral, ajoute le GSsA.

Ce dernier rappelle qu'en 2014 le peuple suisse a refusé l’achat de nouveaux avions de combat pour 3,1 milliards de francs. Au total, le coût de ces avions, en incluant les charges liées à leur exploitation, se serait élevé à 10 milliards de francs, ajoute le GSsA. Or, dans la nouvelle mouture présentée par le Conseil fédéral, ce coût explose pour atteindre 24 milliards.

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