Fini, la propharmacie? En annonçant sa volonté de supprimer la vente directe de médicaments dans les cabinets médicaux, pratiquée dans 17 cantons alémaniques, Pascal Couchepin a suscité l’indignation de la Fédération des médecins suisses (FMH). En revanche, la proposition du conseiller fédéral radical, qui sera mise en consultation avant l’été dans le cadre de la modification de la loi sur les produits thérapeutiques, fait le bonheur des pharmaciens... Questions à Marcel Mesnil, le secrétaire général de la Société suisse des pharmaciens (PharmaSuisse).

- Les pharmaciens se sont toujours montrés critiques vis-à-vis de la vente directe de médicaments en cabinets. Cette annonce vous satisfait-elle?

- C’est une préoccupation légitime de Monsieur Couchepin. Le principe que celui qui prescrit ne vend pas est admis dans le monde entier et la pratique de la propharmacie en Suisse alémanique est critiquée officiellement pour cette raison dans un rapport de l’OMS et de l’OCDE sur le système de santé suisse.

- Pour quels motifs une suppression de cette pratique se justifie-t-elle à vos yeux?

- Le médecin doit être rémunéré correctement, le médecin de famille situé à la campagne devrait l’être encore mieux, mais par le tarif pour son travail, et pas en fonction de ce qu’il prescrit ou pire, de ce qu’il vend. De telles fausses incitations doivent être corrigées dans le système de santé. En Suisse romande, heureusement, la mission des médecins et des pharmaciens est clairement définie. Le médecin prescrit dans l’intérêt de ses patients sans influence pécuniaire. C’est la condition pour réussir la collaboration avec les pharmaciens notamment dans le cadre de cercles de qualité, qui permettent d’économiser près de 50’000 francs par année et par médecin en discutant le meilleur choix du médicament.

- A combien évaluez-vous les pertes de revenus, pour les pharmaciens, dues à la propharmacie?

- Difficile à estimer car le vrai problème est que là où les médecins vendent les médicaments qu’ils prescrivent, les pharmacies ne survivent pas, et la population est ainsi privée des prestations du pharmacien.