Le Temps: Oron peut-il absorber cette croissance sans péril?

Pierre Dessemontet: Ce n’est pas la première fois qu’une commune connaît ça. Meyrin (GE) est passé de 3500 habitants en 1960 à plus de 20 000 en 1970. Bien sûr, Oron doit tout mener de front – fusion et investissements – mais devrait en bénéficier à long terme: les frais seront compensés par de nouvelles recettes fiscales.

– Cette croissance démographique a-t-elle des limites?

– Je ne crois pas. On postule une Suisse à 10 millions d’habitants d’ici à 30 ans, tout le monde ne pourra pas aller en ville. Oron est dans la métropole et a un nœud ferroviaire: la commune fait donc partie des régions les plus favorables. Et puis, si on fixe des limites – 8000 habitants ici –, c’est surtout pour se rassurer. On peut aller au-delà.

– Oron n’est donc pas un cas isolé?

– Non. Le phénomène touche tout l’arrière-pays. Tout ce qui est en dessous de 800 mètres. On a longtemps raisonné en termes interurbains. Maintenant, il faut penser périurbain et s’occuper de cet espace métropolitain qui a explosé sans bénéficier des nouvelles infrastructures.