Grande interview

Philippe Burrin: «A l’ère des réseaux sociaux, le regard de l’historien demeure nécessaire»

Après presque quinze ans à la tête d'un fleuron académique, l'Institut de hautes études internationales et du développement, Philippe Burrin va achever son mandat de directeur à la fin de l'été 2020. Cet historien de 67 ans a fait de l'IHEID un établissement pivot de la Genève internationale

L’homme a marqué la Genève internationale et plusieurs générations d’étudiants en histoire. Avec la nomination récente de Marie-Laure Salles-Djelic à la tête de l’Institut de hautes études internationales et du développement, Philippe Burrin, 67 ans, tirera sa révérence en tant que directeur de l’IHEID à la fin de l’été prochain. Après presque quinze ans à la tête d’une institution universitaire de droit privé créée en 1927 et qui forme aujourd’hui des étudiants du monde entier en leur délivrant des masters spécialisés et des doctorats. En 2004, tout le monde n’était pas convaincu que l’historien de renommée internationale allait faire l’affaire. Or de l’avis de beaucoup, la fonction de directeur l’a révélé. Conscient des exigences académiques toujours plus élevées, connaisseur des rouages de la politique fédérale suisse, il a su, fort de sa réputation de négociateur dur mais compétent, replacer l’institut sur la carte académique internationale après que ce dernier eut fusionné avec l’Institut universitaire d’études du développement. La Fondation pour Genève lui décerne ce lundi son Prix 2019.

A la fin août 2020 s’achèvera votre mandat de directeur de l’Institut de hautes études internationales et du développement. Un successeur a déjà été nommé. Quelles impressions vous animent?