Philippe Guignard n’a jamais été un grand orateur. Renfermé, il a la pudeur vaudoise et la retenue des gens qui se sont faits tout seuls. Unique ouverture sur ce personnage complexe, cet éternel petit sourire un brin malicieux. Ce petit sourire, il ne l’arborera certainement pas lundi matin, quand il pénétrera dans l’imposante salle d’audience cantonale de Longemalle à Renens. Celui qui fut considéré comme le meilleur pâtissier de Suisse romande doit répondre aux accusations de gestion déloyale aggravée, de gestion fautive et surtout d’escroquerie par métier – une accusation grave, passible d’une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

«C’est une affaire hors norme»

Le 29 juin 2020, c’est un procès-fleuve de huit jours qui s’ouvrira au Tribunal d’arrondissement du Nord vaudois, délocalisé pour l’occasion. L’audience est très attendue. Pas seulement en raison de la notoriété du principal accusé et de ses trois complices, dont le notaire et ancien chef du groupe radical au Grand Conseil vaudois Michel Mouquin. «Il s’agit d’une affaire complexe, hors norme, tant par le mode opératoire des infractions reprochées aux accusés que par les montants en jeu – plus de 3,2 millions de francs – et le nombre de plaignants [seize]», confirme Anton Rüsch, procureur à la division criminalité économique du Ministère public central.