Comment font-ils campagne, avec quels moyens, quelle motivation? Alors que les candidats aux élections fédérales n’ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» suit six d’entre eux sur le terrain pour un carnet de campagne.

Portraits précédents:

C’est un magnifique début de soirée à Yens, village de 1500 habitants dans les hauteurs de Morges, au pied du Jura. Les vaches paissent dans un champ et font sonner leurs cloches, le soleil chauffe encore fort et la vue est dégagée sur le Léman: on aperçoit même le Jet d’eau de Genève, tout là-bas, petit cure-dent blanc. Dans ce décor bucolique affluent nombre de notables du canton. Des anciens syndics et municipaux, des députés, des conseillers nationaux et même une ministre. Leur point commun: tous sont libéraux-radicaux. Ils répondent à l’invitation du repas de soutien d’Isabelle Moret, elle-même de Yens.

La conseillère nationale se représente pour une cinquième législature; elle siège à Berne depuis 2006. On se souvient de son excellent score aux élections fédérales de 2015 qui faisait d’elle la meilleure élue des Romands. Tiens, la voilà justement qui arrive en 4x4 avec ses enfants et un grand jeune homme blond aux yeux clairs qui pourrait être son fils, tant il lui ressemble. C’est Philippe Loertscher, son assistant parlementaire. C’est lui qui nous intéressera durant cette soirée et tout au long de sa campagne, sa première pour les élections fédérales.

Lire aussi:  Philippe Loertscher, un coup de jeune pour le parti

Un jeune homme responsable

Philippe Loertscher n’a que 21 ans, mais il en paraît dix de plus. Et ce n’est pas seulement parce qu’il porte un costume, qu’il a quelques cravates en rab dans sa mallette; non, il dégage une assurance, quelque chose de posé, de responsable. Il le répétera d’ailleurs: «Nous sommes le parti de la responsabilité.» Comme Isabelle Moret, il vient d’une famille non politisée. L’entrée au PLR vient de sa propre initiative; il y a depuis entraîné sa petite sœur, nous le verrons dans un prochain épisode. Son papa est célèbre: il a été champion olympique de curling à Nagano (1998), passion qu’il a transmise à sa famille dans son entier. Ils habitent à Lutry, jolie commune bourgeoise à l’entrée de Lavaux.

«Je vous sers un verre de rosé?» La fille adolescente d’Isabelle Moret est chargée du service. «N’oublie pas, comme grand-papa t’a montré, de cacher l’étiquette avec ta main quand tu sers. Tu fais ça très bien!» la félicite sa maman. Elle laisse Philippe se débrouiller; il connaît déjà passablement de monde, elle le présente de temps en temps à ses vieilles connaissances. «Ce sont parfois des gens qu’il a dû appeler pour le travail, il ne reste plus qu’à mettre un visage sur un nom. Oui, je lui ouvre mon réseau, j’ai toujours fait ça avec mes assistants. Le premier d’entre eux s’appelait Philippe Nantermod. J’ai presque de quoi composer deux équipes de foot avec tous les assistants parlementaires que j’ai formés!»

Rentrée universitaire

Philippe Loertscher est entré au service de la conseillère nationale lors de sa campagne pour le Conseil fédéral, en 2017, qui s’est terminée par l’élection de son concurrent Ignazio Cassis. Il parle l’allemand et le suisse-allemand, il écrit bien, est capable de travailler de nuit: il fait donc parfaitement l’affaire. Son travail au cœur de la machine politique lui plaît tellement qu’il a lâché ses études de droit à Fribourg pour bifurquer vers la science politique, à Lausanne. Cette semaine, d’ailleurs, a eu lieu la rentrée universitaire. Il n’a donc pas pu se rendre à tous les jours de session à Berne, ça l’embête, mais il doit apprendre à concilier au mieux vie professionnelle et académique.

«Il y a tellement d’heures de préparation et de recherche derrière chaque dossier parlementaire que lorsque, finalement, quelque chose avance dans notre sens, c’est tellement gratifiant, raconte-t-il avec entrain. Je me suis passionné pour la loi sur la protection des données sur laquelle on a travaillé. Grâce à nos efforts, Isabelle a réussi à faire en sorte que les données du consommateur ne soient pas transférées à un autre vendeur sans son accord.» L’apéro terminé, on passe à table. L’heure pour Philippe Loertscher de se concentrer: il a promis d’improviser un discours. Il parlera de l’engagement d’Isabelle Moret envers la relève libérale-radicale.


En vidéo: