A deux mois des élections municipales genevoises, le député au Grand Conseil Philippe Morel claque la porte de son parti, le PDC, pour rejoindre les rangs du PLR. «Il nous a fait part de sa volonté de soutenir les valeurs du PLR, dans lesquels (sic) il se reconnaît de plus en plus», a annoncé lundi matin le président du PLR, Alain-Dominique Mauris.

Philippe Morel, 63 ans cette année, est médecin-chef de service de chirurgie viscérale aux HUG et professeur à la Faculté de médecine. Pour Alain-Dominique Mauris, son adhésion au PLR «permettra notamment de renforcer la réflexion du parti et de nourrir les débats afin de proposer une politique libérale des soins et de la santé axée sur la compétence et l’excellence au service des patients».

Les rapports entre Philippe Morel et son – désormais – ancien parti se sont détériorés au cours des dernières semaines. La présence du médecin aux côtés du MCG Ronald Zacharias ou de l’UDC Jérémy Gardiol sur la liste Vand’œuvres pour Vous (VOV) en vue des élections municipales n’a pas du tout plu aux instances du parti. «Je déplore cette initiative tant sur le fond que sur la forme, avait réagi le président du PDC, Sébastien Desfayes, dans les colonnes de la Tribune de Genève. Nous avons été mis devant le fait accompli. Les ambitions personnelles ne peuvent pas passer avant le parti.»

«Je reconnais que cette candidature était une maladresse, mais c’est un épiphénomène, explique de son côté Philippe Morel. Je quitte le PDC parce que j’y éprouve un certain nombre de problèmes et de difficultés depuis un moment. Certains désaccords politiques, aussi, par exemple sur le budget. Ces divergences et cette forme de mise à l’écart que j’ai subie au PDC ne me permettaient plus d’exercer correctement mon activité.» Philippe Morel estime que le PDC «aurait pu mieux utiliser» ses capacités et ses compétences et qu’il a «clairement été un peu freiné». En 2013, le chirurgien avait notamment mené une campagne personnelle très visible pour le Conseil d’Etat, ce qui avait échauffé les esprits dans son parti.

Le médecin assure pourtant rejoindre avec enthousiasme les rangs du PLR: «A mon âge, je n’ai plus d’ambitions personnelles, j’ai envie de servir et d’aider, vraiment, et je me suis dit que sur le plan idéologique, le PLR était le parti qui me correspondait le mieux. Il m’a d’ailleurs accueilli à bras ouverts.»

Au Grand Conseil, Philippe Morel siégera comme député indépendant «mais rattaché au PLR, précise-il. Je participerai d’ailleurs dès ce soir au caucus du PLR.»