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Philippe Roch, ehem. Direktor WWF sowie ehem. Direktor BAFU, spricht waehrend einer Medienkonferenz von Umwelt-Komitee gegen Energiegesetz, am Dienstag, 18. April 2017 in Bern. (KEYSTONE/Anthony Anex)

Energie

Philippe Roch: «Il est illusoire de croire que l’éolien participera grandement à la Stratégie énergétique 2050»

L’opposant à la Stratégie énergétique 2050 craint la lourdeur bureaucratique du projet et s’inquiète de l’illusion éolienne mais se réjouit du soutien du peuple à l’énergie verte

Philippe Roch a créé une relative surprise en s’opposant à la stratégie énergétique. Sa réaction.

Lire notre article sur le vote: Les Suisses ont applaudi la nouvelle politique énergétique

Est-ce que l’acceptation de la Stratégie énergétique 2050 représente une grosse déception pour vous?

Non, je ne suis pas surpris du résultat. Je suis heureux de constater que la majorité du peuple a voté pour une transition énergétique pour laquelle je m’engage aussi.

Vous avez pourtant combattu cette loi sur l’énergie!

Oui, car je suis inquiet sur deux plans. D’abord, cette loi, beaucoup trop lourde et bureaucratique, donne trop de pouvoir à l’administration. Ensuite, j’ai vu dans cette campagne des organisations qui se réclament de la protection de la nature soutenir un texte qui affaiblit la protection des paysages en favorisant le développement des énergies renouvelables, notamment l’éolien.

En quoi cette loi est-elle porteuse d’illusions selon vous?

La plus grande illusion est de penser que l’éolien participera beaucoup à cette Stratégie énergétique 2050. D’une part, il coûte très cher, étant subventionné à raison de près de 20 centimes par kilowattheure. D’autre part, ce n’est pas une énergie suisse, les turbines étant par exemple construites à l’étranger. Très vite, les gens se diront qu’ils se sont fait avoir. Je constate aussi que les cantons alpins ont dit oui en croyant que cette Stratégie énergétique 2050 va sauver l’hydraulique, alors que ce sont les énergies renouvelables allemandes qui ont tué l’hydraulique en faisant chuter les prix de l’électricité.

N’avez-vous pas participé à une alliance contre-nature, à laquelle n’a pas cru la population?

Il y a eu une convergence ponctuelle d’intérêts, mais je n’ai pas fait d’alliance avec l’UDC. Je reste favorable au principe de la fiscalité écologique. Il faut passer – partiellement cependant – d’une fiscalité basée sur le travail à une fiscalité axée sur les ressources.

Comment voyez-vous la Suisse résoudre son problème d’approvisionnement en électricité?

La sortie du nucléaire se fera de toute façon, avec cette stratégie ou non. La Suisse devra de toute façon importer le courant à disposition sur le marché lorsqu’elle en aura besoin. Elle devra aussi probablement recourir à des centrales à gaz comme le prévoit le Conseil fédéral. Vous verrez, il y aura beaucoup de désillusions.


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