La photographie illustrant cet article sur la nuit lausannoise n’est pas signée, ce qui est très inhabituel dans nos pages. Cela répond à la demande du photographe. Agressé lors de son reportage, celui-ci veut «éviter de nouveaux ennuis».

L’incident s’est produit à la rue Saint-Martin, samedi 12 mai peu après minuit. Alors qu’il prenait des images d’ambiance de la rue où se trouvent plusieurs boîtes de nuit, le photographe a été pris à partie par un client africain, visiblement sous l’effet de l’alcool et de plus en plus agressif. «Allez photographier les Blancs», lui lance ce client, en lui arrachant l’appareil des mains. Sous la menace, le photographe a dû effacer une bonne part de ses photos. Le client avait été rejoint par un ami, tandis que les agents de sécurité se trouvaient à l’intérieur de la discothèque.

«J’avais choisi cet endroit parce que c’était le plus animé à cette heure-là», explique le photographe, qui dit avoir été surpris par ce qu’il a constaté: «Le climat nocturne de Lausanne est tout sauf bon enfant.» Cet incident s’est produit la veille de l’émeute qui a opposé 200 fêtards à 40 policiers. Par prudence, le reporter ne souhaite pas signer son travail de cette nuit-là. Mais pour autant, ce photographe de presse expérimenté n’entend pas en faire toute une histoire: «Il y a aussi des banquiers qui ne veulent pas être pris en photo.»