Survenu voici un mois, le brusque et public désaveu de Jean-François Durussel par Francine Jeanprêtre reste une source de profond étonnement, tant il apparaît que le chef du Département de la formation a perdu dans cette intervention intempestive toute espèce de marge de manœuvre. Quoi qu'elle fasse aujourd'hui, elle n'aura pas l'air de reprendre en main son département, mais bien de céder à un groupe de pression, qu'il s'agisse de celui des directeurs d'établissement ou de celui qui s'est rapidement constitué parmi les plus sûrs piliers d'EVM. Francine Jeanprêtre a de surcroît perdu la possibilité qui lui était ouverte d'utiliser une troisième voie. Avant sa prise de position de décembre, personne n'aurait en effet été surpris de la voir réclamer un audit de cet immense paquebot que représente le Service de l'enseignement enfantin, primaire et secondaire. Or, s'il demeure sans doute nécessaire, un tel audit aura dorénavant davantage l'allure d'une manœuvre dilatoire que d'une aide à la décision… puisque Jean-François Durussel a pratiquement déjà été désigné comme source du dysfonctionnement. Francine Jeanprêtre s'est bel et bien piégée elle-même.

L. B.