En l’arrêtant et en le plaçant en détention préventive, sous le coup d’une accusation, notamment, de service de renseignement économique, le Ministère public de la Confédération a mis Pierre Condamin-Gerbier hors d’état de continuer à communiquer avec les autorités françaises. Provisoirement du moins.

Une éventuelle demande de la France visant à l’entendre en Suisse, dans le cadre d’une commission rogatoire, se heurterait à de grandes difficultés juridiques. La double position de Pierre Condamin-Gerbier, prévenu dans la procédure suisse, mais témoin s’il devait être entendu par les Français, semble en particulier inconciliable. Il paraîtrait en outre difficile pour la Suisse d’accéder à une requête qui reviendrait en substance à permettre à l’intéressé de poursuivre les agissements qui lui sont reprochés.

«Falsification»

Dans une interview publiée lundi par L’Agefi, le patron de la banque Reyl & Cie à Genève, François Reyl, a détaillé les motifs de la plainte pénale déposée en juin contre Pierre Condamin-Gerbier. L’un des clients de la banque qui figurerait sur la liste présentée aux autorités françaises est «un entrepreneur n’ayant jamais exercé de charge politique». «Au meilleur de notre connaissance, ses affaires sont parfaitement en règle avec le fisc.» Quant au mémorandum interne diffusé par Europe 1, il aurait été grossièrement falsifié de manière à «faire croire qu’il s’agit d’une personnalité politique française». «Nous avons matière à penser que la présentation et la falsification de ce document émanent de Pierre Condamin-Gerbier.»