Le nouveau musée des beaux-arts ne sera rien sans les privés: on compte sur les donateurs pour le financement de la moitié du projet de Bellerive (devisé aujourd'hui à 68 millions de francs) mais aussi pour compléter le contenu du futur musée, notamment en art moderne et contemporain. Depuis des années, trois collections, dont celle de l'ami de Picasso Jean Planque, ont promis leur soutien. Mais cet engagement n'est ni définitif, ni suffisant. Pour lever des fonds et convaincre de nouveaux collectionneurs, une Fondation de soutien a été créée en juin dernier (LT du 23.06.2007). C'est l'ancien directeur du CIO, Me François Carrard, qui en a pris la présidence. Il a attendu hier pour l'annoncer: «J'ai d'abord voulu m'assurer que je serai bien entouré», explique François Carrard. Aux membres fondateurs Jean-Jacques Cevey (président de la Fondation Planque), Alice Pauli et Alain Dubois (collectionneurs), s'ajoutent Pierre Keller, l'actuel directeur de l'ECAL, Georges Gagnebin, vice-président de la banque Julius Bär et Cie, et Catherine Labouchère, députée libérale au Grand Conseil et collectionneuse. L'arrivée de Pierre Keller comme soutien déclaré du projet de Bellerive est une nouvelle d'importance pour le milieu artistique.

La fondation soutient avec impatience le projet actuel: «Nous sommes tous convaincus que c'est un beau projet et que le site est idéal. Nous attendons du Grand Conseil qu'il vote ce crédit d'étude au plus tard en 2008. Sinon, le risque est réel que les mécènes se raréfient», menace François Carrard.

Pour l'heure, le principal mécène, la Fondation Leenaards, qui a promis 10 à 15 millions maintient son engagement. Que ferait-elle en cas de référendum? «Je ne peux pas préjuger de la position du conseil», répond prudemment Michel Pierre Glauser, président. Depuis que le projet est sujet à polémique, il est difficile d'allonger la liste des donateurs: «A nous tous réunis, nous avons un très beau carnet d'adresses. Il est plus aisé d'attirer des donateurs avec un projet de musée neuf qu'avec un réaménagement», déclare François Carrard.