Le Temps: Qui étaient ces manifestants «sauvages»?

Pierre Maudet: L’enquête devra le déterminer. Ce qui s’est passé est inadmissible, j’ai demandé des explications à la police quant à l’origine et les responsables de ces débordements. La police a observé de nombreuses inscriptions en allemand, ce qui laisse penser qu’il s’agit de gens venus de loin. L’enquête devra établir s’il y a un noyau genevois.

Pourquoi n’a-t-on rien vu venir, ni pu contenir l’événement?

Cela fait partie des réponses qu’il faudra apporter. Le départ a eu lieu aux Cropettes, il y a régulièrement des réunions d’autonomes aux Cropettes. Mais ce qui est surprenant, c’est qu’il y ait eu autant de monde, près de 500 personnes semble-t-il. De ce point de vue-là, la doctrine d’engagement est clairement en question. Je suis comme les Genevois: scandalisé du résultat.

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Quels sont les dégâts?

J’ai eu un contact avec Guillaume Barazzone pour ce qui relève de la voirie, il y a de très nombreux tags entre la gare et la place de Neuve. La manifestation était de toute évidence orientée sur la culture.

Quelles mesures allez-vous prendre?

Les dépôts de plaintes vont commencer, la police va les faciliter. Nous avons des vidéos et des prises de vue, elles vont être analysées pour établir les responsabilités. Lesquelles donneront évidemment lieu à des poursuites pénales.

Grèves de la fonction publique, coupes budgétaires dans le domaine culturel, monde alternatif en ébullition: l’événement est clairement ancré sur un terreau de mécontentement social.

Je n’en suis pas sûr. Je ne sais pas quels sont les liens réels entre ces événements et un quelconque mécontentement social. Et le lien avec la culture paraît pour le moins ténu. Encore une fois, les tags en allemand et la dimension importée de la chose me laissent penser qu’on est plus proche des situations qu’ont vécues Zurich ou Berne cette année. L’importance du contexte genevois reste à éclaircir.