éditorial

Pierre Maudet: tous derrière et lui, devant

ÉDITORIAL. Le nouveau Conseil d’Etat genevois se montre uni derrière Pierre Maudet, qui devient président de l’exécutif. Cette cohésion va dans le sens d’un leadership retrouvé et montre la volonté des élus de parvenir à un équilibre

Pierre Maudet est toujours là et il n’est pas seul. C’est le message que le nouveau Conseil d’Etat a voulu transmettre en affichant l’unité derrière l’élu qui, déjouant les pronostics, accède à la présidence de l’exécutif. Et pas une présidence d’apparat, puisqu’il sera aux commandes d’un département fort où il conserve la sécurité, et auquel il ajoute le projet d’agglomération, le tourisme, l’aéroport, l’innovation. Dans la tempête, le capitaine désigné tient la barre et l’équipage fait bloc, faisant mentir ceux qui espéraient la sédition.

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Un soutien délégué

Il ne s’est pas justifié, déléguant à Anne Emery-Torracinta le soin de répondre selon une stratégie a minima: soutien clair mais sans déballage. Une manière d’exprimer en creux que les choses n’ont que l’importance qu’on leur donne, et que le Conseil d’Etat, en l’espèce, n’en accorde guère à cette périlleuse escapade émiratie. Comme pour démontrer que l’imprudence commise par Pierre Maudet n’était pas de nature à ébranler le collège.

C’est le premier enseignement à tirer de cette décision. En ne cédant pas à la panique devant les attaques médiatiques et politiques, et ce avant même de s’être mis aux affaires, le Conseil d’Etat veut montrer qu’il a de la poigne. Celle précisément qui a fait défaut pendant la précédente législature, bateau ivre. Si la cohésion affirmée, chantée presque, s’était fissurée sous le vent mauvais de l’affaire Maudet, il ne se serait trouvé plus personne pour croire à une force de leadership retrouvée.

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Au moins, une tentative vers la sérénité

Le deuxième enseignement est subséquent. Après une législature de blocages et de luttes partisanes préjudiciables à la conduite du canton, les élus avaient affiché leur détermination à conquérir l’équilibre. Avec un Grand Conseil où les populistes ont perdu leur statut de faiseurs de rois, la chose devenait envisageable. Les mots consensus et apaisement faisaient leur réapparition dans le dictionnaire politique genevois. Le Conseil d’Etat se fût-il déchiré sur la bévue du magistrat qu’il aurait prouvé l’inconsistance de cette volonté. Rien ne dit qu’il parvienne à la sérénité, mais il aura essayé.

La nouvelle mouture des départements va aussi dans ce sens. Avec la présidence et les finances, le PLR, qui a gagné quatre sièges au Grand Conseil, est bien servi; la cohésion sociale revient à la gauche; le MCG Mauro Poggia, dont le parti a perdu neuf sièges, cède un peu de son département mammouth. Sauf à imaginer d’indiscutables nouvelles révélations, «Pierre Maudet is back» vaut mieux que Pierre Maudet vacillant.

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