Sanction

Pierre Maudet expulse Taxiphone de la mise en œuvre de la «Lex Uber»

Le ministre genevois de l’Economie a banni, du processus d’élaboration du règlement de la nouvelle loi sur les taxis, la plus importante centrale de diffusion de courses du canton. Au motif que son représentant a fait recours contre le texte. Ambiance

«Pierre Maudet a une conception très totalitaire de sa fonction», estime Cédric Bouchard, président-directeur général de Taxiphone, la centrale hégémonique du canton, regroupant plus de 600 véhicules de service public, sur les quelque 850 bonbonnes jaunes que compte Genève. Ce jeudi matin, le représentant majoritaire des milieux professionnels traditionnels a été «dégagé de la séance de consultation» visant à élaborer le règlement d’application de la «Lex Uber». Sans ménagement. La raison de cette mise à l’écart: Cédric Bouchard avait fait recours, trois semaines plus tôt, contre la nouvelle loi sur les taxis.

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«Il s’agit clairement d’un acte de représailles brutal de la part du ministre de l’Economie», dénonce le patron de Taxiphone. Vraiment? Interpellés, les services de presse de Pierre Maudet soulignent que «le magistrat avait annoncé, lors de la première séance de consultation du 2 décembre à l’ensemble des milieux professionnels, que les parties faisant le choix de recourir contre la loi ne participeraient pas aux travaux d’élaboration du règlement».

Menace mise à exécution

Jacques Roulet, avocat des taxis genevois, s’est fendu d’une lettre à Pierre Maudet. «Votre mise à ban de Cédric Bouchard […] revient à punir un citoyen qui «ose» exercer un droit institué par notre Etat de droit», résume-t-il. Et ce dernier d’ajouter: «Se voir exclu de toute participation à vos travaux, [...] pour un recours qui ne remet en rien en cause l’entrée en vigueur de la loi, [...] paraît d’autant plus fâcheux que votre Département ne craint pas d’inviter à sa table des personnes représentant une société [ndlr: Uber] faisant l’objet d’une procédure pénale initiée par vos propres services».

Pour Thomas Wenger, membre de la Commission genevoise des transports, le comportement de Pierre Maudet relève du chantage. «Politiquement, c’est une faute. Je suis choqué, relève le député socialiste au Grand Conseil. Le recours est un acte légitime. Il est aussi reconnu, dans notre système démocratique, que celui de consulter l'ensemble des milieux concernés par la construction d’un règlement. Sans quoi, le processus législatif est biaisé.»

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