Genève

Pierre Maudet hérite d'un nouveau département centré sur l'économie

Le Conseil d'Etat genevois présente une nouvelle réorganisation qui limite encore le portefeuille du ministre PLR. Celui-ci dit publiquement son désaccord

Depuis le 30 août et la mise en prévention de Pierre Maudet, le Conseil d'Etat genevois rencontre un problème majeur: comment organiser le travail de l'élu PLR tout en garantissant le bon déroulement de l'enquête pénale? Plus le champ de cette dernière s'élargit, plus le périmètre du conseiller d'Etat se réduit.

Ce mercredi, le Conseil d'Etat a présenté in corpore la troisième version de sa réorganisation interne (voir son communiqué).

Un nouveau département du développement économique est créé. Il est confié à Pierre Maudet. Il comprend la direction générale du développement économique, de la recherche et de l'innovation, Palexpo, les Ports Francs, la Fondation Genève tourisme & Congrès, l'office de promotion des industries et des technologies, la Fondation d'aide aux entreprises et la Fondation Eclosion.

Un département de la sécurité, de l'emploi et de la santé est créé. Il est attribué à Mauro Poggia (MCG). Le service de surveillance des communes est rattaché au département de la cohésion sociale présidé par Thierry Apothéloz (PS). Les offices cantonaux des poursuites et des faillites sont rattachés au département des finances. Ces mesures entrent en vigueur le 1er février. Elles ont été prises à l'unanimité moins la voix de Pierre Maudet.

«Je n'adhère pas aux décisions qui ont été prises»

Celui-ci a pris la parole lors de la présentation par le Conseil d'Etat de cette réorganisation. «Je n'adhère pas aux décisions qui ont été prises, a dit le magistrat PLR. Ni aux manières avec laquelle elles ont été prises. Je respecte cependant les institutions et je vais m'investir avec l'énergie que l'on me connaît dans la politique publique que l'on m'a confiée.»


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Le Conseil d'Etat a par ailleurs déposé un projet de loi demandant le retour à une présidence annuelle. La Constitution garantit au contraire une présidence unique durant la législature.

De premières mesures avaient été rendues publiques en septembre. Elles privaient notamment Pierre Maudet de la présidence du collège exécutif, provisoirement, et de la responsabilité de la police. Ce redécoupage n'a pas suffi. Le 16 janvier, le Conseil d'Etat annonçait par communiqué que Pierre Maudet ne pourra définitivement plus présider le gouvernement, ni rester le chef du Département de la sécurité. Pour le détail des prérogatives confiées au PLR, rendez-vous avait été donné à ce mercredi 23 janvier.

Lire aussi: Le Conseil d’Etat cherche une affectation pour Pierre Maudet

Les négociations pour aboutir à cette troisième mouture ont été rudes. Pierre Maudet a fait part de sa volonté de poursuivre son mandat. La Constitution genevoise n'offre aucun outil pour aller contre cette décision. Une affaire comparable à Le Chaux-de-Fonds fait même penser que le Tribunal fédéral s'opposerait à une solution qui priverait le conseiller d'Etat de toute politique publique. Signe que les tensions au sein de l'Exécutif vont grandissantes: cinq de ses sept membres se sont réunis, dimanche dernier, afin de trouver une issue, a révélé la Tribune de Genève. Les représentants du PLR, Nathalie Fontanet et Pierre Maudet, n'ont pas été conviés.

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