«Une loi pas faite pour les policiers»

Le Temps: En quelques mots, pourquoi faudrait-il accepter la LPol?

Pierre Maudet: On ne se bat pas en 2015 contre une criminalité qui évolue avec un instrument obsolète datant de 1957. Il faut continuer l’effort déjà entrepris pour aller dans le sens d’une police au service des citoyens. La loi ne doit pas être faite par la police et pour la police mais par les politiques et pour la population.

– Un mot pour définir la position des syndicats dans ce débat?

– Paradoxale. Ils sont partagés entre le sentiment que les choses doivent évoluer et la peur qu’elles changent vraiment. Au moment de passer à l’acte et alors qu’ils avaient décidé de soutenir la loi, ils ont fait machine arrière. Je pense que les dirigeants utilisent la LPol pour démolir le projet Score mais qu’une majorité de policiers veut que ce chantier de la réforme touche enfin à son terme.

– Comment voyez-vous la suite?

– J’ai expliqué depuis le début ce que je voulais faire et les électeurs m’ont renouvelé leur confiance en 2013. Si la loi est refusée, il faudra remettre l’ouvrage sur le métier mais sans doute pas avec la même majorité. La police continuera de fonctionner, avec des difficultés et des questions ouvertes.