Le benjamin de l'équipe a longtemps été la coqueluche des médias, qui le consultaient sur toutes les questions de portée nationale. Il est allé jusque sur France 2 pour défendre la fiscalité suisse. Depuis qu'il est conseiller administratif, le contraste est saisissant: le voilà équipé d'un balai et d'une armée de concierges, menant une lutte obsessionnelle contre les débarras sauvages, tags et crottes de chiens. Loin de dépérir, le radical s'avère fasciné par la salubrité, à tel point qu'il envisage d'ériger un monument transparent où la voirie jetterait les mégots des Genevois.

Peu porté sur l'improvisation, Pierre Maudet a découvert avec consternation l'état de son dicastère, auparavant géré par la gauche dure. Très vite, il a mis fin aux gratuités attribuées sans critères. Il fixe un cadre strict: en revoyant le mode d'attribution des places sur le marché de Plainpalais, il s'est mis à dos les puciers. Opiniâtre, le seul élu de la droite au sein de l'exécutif parvient à tirer son épingle du jeu, en faisant éclater les majorités. Il a ainsi fait avaler à ses collègues des réformes libérales, comme l'externalisation du contrôle du stationnement. Mais il a aussi encaissé un échec de taille: le parlement l'a remballé quand il a voulu créer un collège d'éthique sur la vidéosurveillance.