Le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet ne fera pas recours contre son exclusion du PLR Genève, décidé le mois dernier par le comité directeur du parti. Il a annoncé sa décision dans une interview accordée mercredi à l’hebdomadaire gratuit GHI.

Le magistrat disposait de 30 jours pour appeler à la convocation d’une assemblée générale du PLR Genève afin qu’elle se prononce sur cette exclusion. Le conseiller d’Etat a finalement abandonné l’idée de s’en remettre à la base du parti, considérant «difficile de recourir sur des rumeurs».

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«Aujourd’hui, la présidence du parti ne m’a toujours pas transmis les motifs objectifs et avérés sur lesquels repose la décision expéditive du comité directeur», relève Pierre Maudet, qui dirige actuellement le Département du développement économique du canton de Genève.

Le conseiller d’Etat a aussi choisi de jeter l’éponge, car il dit craindre que des agitations partisanes, relevant, à ses yeux, du règlement de compte personnel, «ne détournent des véritables enjeux liés à la crise économique actuelle et à venir, notamment en matière d’emploi et de réformes».

Indépendance revendiquée

Pierre Maudet travaillera donc au gouvernement sans l’appui d’un parti. «Je revendique mon indépendance», souligne-t-il. «Elu par le peuple au scrutin majoritaire voilà deux ans, je vais continuer à me battre pour l’intérêt général». Il rappelle que c’est la qualité des projets qui fait qu’ils sont soutenus ou pas par le parlement.

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L’affaire Pierre Maudet empoisonne la politique genevoise depuis deux ans. Le conseiller d’Etat s’est retrouvé sous enquête du Ministère public genevois pour des soupçons d’acception d’avantages. Le parquet a annoncé, le mois dernier, son intention de renvoyer le magistrat devant un tribunal afin d’y être jugé.

Il est essentiellement reproché à Pierre Maudet un voyage luxueux à Abu Dhabi qu’il a effectué avec sa famille, en 2015, tous frais payés, pour assister notamment à un Grand Prix de Formule 1. Le volet «hôtelier» de l’affaire, concernant le financement des campagnes du conseiller d’Etat, doit faire l’objet d’un classement.

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