genève

Pierre Maudet reformule le gouvernement

Le nouvel élu hérite de la Sécurité, François Longchamp de l’Urbanisme et Isabel Rochat de la Solidarité et de l’emploi. Le gouvernement réorganisé se veut en harmonie avec les politiques publiques

Pierre Maudet à la Sécurité, Isabel Rochat à la Solidarité et l’emploi et François Longchamp à l’Urbanisme. Plutôt qu’une solution de statu quo, dans laquelle le nouvel élu PLR aurait simplement hérité du dicastère du conseiller d’Etat démissionnaire – le Département des constructions et des technologies de l’information (DCTI) de Mark Muller (PLR), dont François Longchamp (PLR) assurait l’intérim –, le Conseil d’Etat genevois a opté pour une réorganisation de son modus operandi.

Mercredi, le président du Conseil d’Etat, le PDC Pierre-François Unger, a été clair: l’arrivée d’un nouvel élu était l’occasion de «rééquilibrer et de mettre en cohérence l’organisation des départements avec les politiques publiques» pour plus d’efficacité. Seuls trois départements sur sept – l’Instruction publique, la Solidarité et l’emploi et le Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé – restent inchangés.

Pour les autres, parmi les réformes notables, la Direction générale de l’environnement sort du giron du nouveau Département de la sécurité (DS) pour rejoindre logiquement le nouveau ministère de l’Intérieur, de la mobilité et de l’environnement de la Verte Michèle Künzler. A la tête du DS, Pierre Maudet hérite bien sûr de la Police, mais désormais aussi de la Direction générale des systèmes d’information et du Service de la sécurité civile. Son département conserve également le Service de l’énergie, «politique publique à elle toute seule», selon le nouvel élu. Autre nouveauté, le DCTI devient le Département de l’urbanisme, allégé de la Direction générale des investissements, qui rejoint le Département des finances.

Outre ces chambardements opérationnels réclamés depuis longtemps par le parlement, la nouvelle du jour est bien sûr le remplacement d’Isabel Rochat par Pierre Maudet au Département de la sécurité, thème phare de la campagne pour l’élection complémentaire du 17 juin dernier. Alors que son bilan à la tête de la Police est décrié tous azimuts (lire ci-dessous), la magistrate PLR refuse de parler de désaveu: «J’ai moi-même proposé de remettre les rênes de la Police à Pierre Maudet. Depuis trois ans, j’ai assumé de nombreuses réformes et il n’est jamais bon que celui qui les initie soit celui qui les mette en œuvre. Le message de la population a été entendu: nous devons mieux travailler ensemble et être plus cohérents par rapport à nos profils. Eu égard à celui de Pierre Maudet, la rocade s’imposait, puisqu’il a excellé en Ville de Genève en matière de sécurité.»

Dans un monde parfait, reconnaît tout de même Isabel Rochat – c’est-à-dire sans la démission de Mark Muller –, «je serais restée en place». Sans pour autant considérer son nouveau dicastère comme une punition: «Dans le contexte actuel, le marché de l’emploi est un vrai défi. Mais il est vrai que l’emploi et la solidarité sont peut-être des politiques publiques moins exposées, et je ne suis pas mécontente à l’idée de vivre ces prochains mois de façon plus agréable.»

Aux dires de Pierre-François Unger, les huit jours de tractations du Collège en vue de cette nouvelle répartition n’ont jamais viré à la bataille rangée: «Nous n’avons même pas eu besoin de voter.» «Sincèrement, cette répartition tend vers l’idéal, renchérit Pierre Maudet. Elle n’humilie personne et paraît cohérente.» Une satisfaction que partagent les instances du PLR et qui, à entendre la cheffe du groupe socialiste au Grand Conseil, Lydia Schneider Hausser, tient aussi à la position de force qu’occupait le nouvel élu: «Au vu de son résultat le 17 juin, il a certainement pu se permettre de revendiquer autre chose que simplement ce qui était disponible…» Et d’analyser la stratégie de la droite gouvernementale: «Le fait d’avoir donné la Sécurité à Pierre Maudet est sans aucun doute une tentative de barrer la route au MCG avant l’élection générale de 2013.» Le premier intéressé, Eric Stauffer, abonde: «Bien sûr qu’il y a là une volonté de nous court-circuiter. Mais on ne se contentera pas de déclarations. Si Pierre Maudet s’attaque aux 450 individus qui posent problème et à la question des Roms, nous applaudirons. Dans le cas contraire, nous l’attendrons au tournant.»

«Le fait d’avoir donné la Sécurité à Pierre Maudet est une tentative de barrer la route au MCG»

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