Genève

Pierre Maudet renonce à la présidence du Conseil d’Etat genevois

Le gouvernement a indiqué jeudi qu’il «déplore vivement» l’action de Pierre Maudet. Ce dernier a «violé les règles du Conseil d’Etat en matière de procédure protocolaire et de la non-acceptation de cadeaux».

Les responsabilités de Pierre Maudet au sein du Conseil d’Etat genevois ont été une nouvelle fois réduites. La présidence est assumée depuis ce jeudi matin par Antonio Hodgers, «qui devient par conséquent président du Conseil d’Etat», précise le Conseil d’Etat dans un communiqué. Quant à la responsabilité hiérarchique de la police, elle est «confiée à M. Mauro Poggia, en sa qualité de suppléant du chef du département de la sécurité». Pour équilibrer la répartition des tâches, des entités du Département présidentiel ont été transférées au Département de la sécurité, encore dirigé par Pierre Maudet.

Cette annonce a été faite lors d’une conférence de presse convoquée dans l’urgence. Ce jeudi, tout portait à croire que l’affaire Maudet avait atteint une dimension nationale: une réunion d’urgence du groupe PLR à Berne s’est tenue ce matin. Hier, la télévision alémanique a diffusé un reportage consacré à l’affaire Maudet. Samedi dernier le Tages-Anzeiger détaillait l’affaire sur une page. Mercredi toujours, le conseiller d’Etat genevois signait dans le Blick une chronique intitulée In Vino Veritas qui aurait mal passé dans les rangs du PLR.

Pierre Maudet a menti

La semaine dernière, le gouvernement avait déjà annoncé qu’une partie des prérogatives du président cantonal lui étaient retirées. Cette découpe inédite au sein du collège gouvernemental faisait suite à un communiqué du Ministère public portant sur le voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi datant de novembre 2015. Alors qu’il avait toujours prétendu avoir voyagé à titre privé on apprenait avec ce communiqué que le magistrat avait menti et que l’excursion avait été réglée par le pouvoir émirati. Suite à la réorganisation, l’élu PLR était d’ailleurs passé à confesse sur l’antenne de la télévision Léman bleu.

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Malgré ces mesures contraignantes, Pierre Maudet avait gardé la direction de la police. Et l’aéroport n’avait pas quitté son giron non plus. Or ces dossiers sont concernés par l’enquête en cours. Ces deux éléments avaient fait dire à plusieurs députés que le Conseil d’Etat avait adopté alors des demi-mesures. Le gouvernement a indiqué prendre des mesures supplémentaires car «des inspecteurs de la police judiciaire pourraient être impliqués dans l’instruction de l’enquête du ministère public».

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