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Pierre Maudet se lance dans la course au Conseil fédéral

Le ministre genevois est présenté «avec enthousiasme» par son parti dans la succession Burkhalter. Il fera face au Tessinois Ignazio Cassis, et sans doute, à une femme vaudoise

Il se lance. Ce vendredi matin, le PLR genevois a officialisé a candidature de Pierre Maudet, 39 ans, au Conseil fédéral, dans le cadre de la succession de Didier Burkhalter. Il s'agit de la deuxième postulation officielle déposée par un parti cantonal, après celle d'Ignazio Cassis au Tessin.

«Pierre Maudet incarne pleinement, dans son action, les valeurs du PLR – liberté, cohésion, innovation» explique le parti dans son communiqué. «Le PLR Genève est convaincu qu'il sera non seulement le candidat du PLR mais surtout celui de l’ensemble du Canton, son action étant reconnue bien au-delà des frontières partisanes».

Consulter notre dossier sur la succession Burkhalter.

La candidature de Pierre Maudet avait été lourdement sous-entendue jeudi au Temps par le conseiller national Christian Lüscher, ténor du PLR genevois aux Chambres, lorsqu’il a annoncé son propre refus de se lancer dans la mêlée. Il arguait: «La candidature de Pierre Maudet serait parfaitement légitime. Je ne la vois pas en opposition à celle du Tessin. Un conseiller fédéral doit pouvoir répondre aux problématiques des cantons frontaliers en matière de sécurité et de marché du travail. Un candidat genevois est parfaitement à même de comprendre ces problèmes auxquels le Tessin est lui aussi confronté.»

Notre interview de Christian Lüscher: «Le Genevois qu'il faudrait à Berne, c'est Pierre Maudet»

Pierre Maudet, une trajectoire météoritique

Parfois comparé au nouveau président français Emmanuel Macron – il se sont vus, ils ont le même âge, et le Genevois est binational –, Pierre Maudet fait l’objet de compliments appuyés par la presse alémanique depuis que la succession est ouverte: il est tour à tour qualifié de «judoka», «étoile montante», «gagnant» ou «force de la jeunesse».

Le ministre cantonal n’a certes aucun orteil à à Berne, mais sa trajectoire politique est météoritique. A 29 ans, il entre à l’exécutif de la Ville de Genève. Il en sera maire. Cinq ans plus tard, il accède au Conseil d’Etat. Plus radical que libéral, pro-Européen, humaniste mais intraitable sur la sécurité, son profil rassure plus qu’il n’agace, exception faite de l’UDC – il s'est opposé à l'initiative sur l’immigration «de masse», et s'est singularisé par une régularisation collective de sans-papiers dans son canton.

Dès ce jour, la course des Romands s'intensifie

Avec l’arrivée sur la piste de Pierre Maudet, la course des Romands au Conseil fédéral s’accélère. Jusqu’ici, ce sont des Vaudois qui ont, non sans quelque maladresse, entamé leur sprint. Egalement ministre cantonale, sans fonction dans la capitale fédérale, Jacqueline de Quattro s’est déclarée à disposition de son parti samedi 22 juillet, suivie par Olivier Français, conseiller aux Etats.

Mardi dernier, le PLR tessinois a déclaré Ignazio Cassis, le favori à ce stade, seul candidat du canton italophone. Jugé fragilisant par les observateurs, ce ticket unique creuse les appétits des Romands. Et il reste une inconnue de poids: le choix que fera la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret. Elle pourrait représenter une sérieuse concurrence face aux deux hommes, tessinois et genevois.

Lire également: Le Tessin uni derrière Ignazio Cassis

Les sections cantonales ont jusqu’au 11 août pour désigner leurs poulains. Le groupe parlementaire fera son choix, a priori pour un ticket à deux noms comme le souhaite la présidente du parti national Petra Gössi, le 1er septembre.

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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