Valais

Pierre-Alain Grichting lâche la politique pour la BCVs

Proposé cette semaine par le Conseil d'Etat, Pierre-Alain Grichting présidera la Banque cantonale du Valais. Certains y voient une manœuvre politique

Pierre-Alain Grichting sera le prochain président de la Banque cantonale du Valais (BCVs). Le Conseil d’Etat a proposé cette semaine aux actionnaires de désigner cet adhérent du PLR pour remplacer le démissionnaire Jean-Daniel Papilloud. Il n’en fallait pas moins pour que certains y voient une manœuvre du PDC pour conserver ses deux sièges au Conseil des Etats, lors des prochaines élections fédérales en 2019.

Il y a trois ans, Pierre-Alain Grichting avait failli briser l’hégémonie démocrate-chrétienne à la chambre des cantons, vieille de plus de 150 ans. Le PLR avait manqué son pari de 1481 voix seulement. Les électeurs avaient préféré le ticket PDC composé de Jean-René Fournier et de Beat Rieder.

Une opportunité

Aujourd'hui, le départ de Jean-René Fournier est annoncé pour la fin de législature. Pour beaucoup d'observateurs, ce retrait offre une chance unique aux partis minoritaires de briser le monopole démocrate-chrétien aux Etats. On voyait volontiers Pierre-Alain Grichting retenter l’aventure. Sa nomination à la tête de la banque cantonale vient mettre un terme à ces spéculations. Le ministre en charge des finances, Roberto Schmidt, en convient dans le Nouvelliste de jeudi : «la présidence de la BCVs n’est pas compatible avec un mandat politique (…)  mais c’est à lui de prendre ses responsabilités».

Sur son blog «L’1Dex», l’avocat sédunois Stéphane Riand dénonce une manœuvre du PDC, majoritaire au gouvernement valaisan, pour conserver ses deux sièges de sénateurs. Une vision partagée par Cyrille Fauchère, co-président de l’UDC du Valais romand. «Le Conseil d’Etat neutralise les ambitions fédérales de Pierre-Alain Grichting», tonne-t-il dans les colonnes du Nouvelliste.

«Choisi pour ses compétences»

Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand, coupe court à la discussion. «Le PDC n’a rien à voir avec cette décision, qui est celle du Conseil d’Etat, répond-il au Temps. Si Pierre-Alain Grichting souhaitait faire une carrière politique et défendre les intérêts du Valais à Berne, il pouvait refuser de se porter candidat et faire campagne pour les élections fédérales de 2019. La BCVs a besoin d’un président FINMA-compatible, qui s’inscrive dans la durée et qui connaisse bien le domaine bancaire et le tissu socio-économique du canton. Pierre-Alain Grichting, qui a dirigé UBS Valais pendant six ans, a été choisi pour ses compétences.»

Les actionnaires de la Banque cantonale du Valais trancheront le 16 mai prochain. L’Etat détenant 70% du capital-actions de l’établissement, le suspense n’est pas de mise. Le principal intéressé, lui, ne souhaite pas s’exprimer avant que sa nomination ne soit officialisée.

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