Le tant attendu duel fratricide du PS vaudois entre Pierre-Yves Maillard et Roger Nordmann pour la candidature au Conseil des Etats ne devrait pas avoir lieu demain au congrès, organisé à la Halle des fêtes de Payerne. Les choses se sont précipitées ces derniers jours dans les hautes sphères du parti afin d’éviter un affrontement qui laisserait forcément des traces. Une solution a été trouvée. Outre échapper à un éventuel psychodrame, malvenu après l’échec des élections cantonales, elle permettrait de conserver les deux ténors à Berne.

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Concrètement, demain, en ouverture d’assemblée, il est prévu que la présidente du parti Jessica Jaccoud monte à la tribune pour demander une modification de l’ordre du jour. Il devrait être proposé que Roger Nordmann puisse bénéficier d’une deuxième dérogation afin de pouvoir se représenter au Conseil national en 2023 (il aura atteint la limite du nombre de mandats autorisés par les statuts internes du parti). Si le congrès devait accepter cette demande – il doit le faire par une majorité des deux tiers des voix –, Roger Nordmann accepterait alors de retirer sa candidature aux Etats, laissant Pierre-Yves Maillard unique candidat à l’investiture, pour tenter de reprendre le siège perdu, en 2019, à la suite du retrait de Géraldine Savary.

Modification de l’ordre du jour

Contactée, Jessica Jaccoud confirme qu’une proposition «relative aux élections fédérales» sera faite en début de congrès. Soulignant que cette demande «est largement soutenue par le comité directeur», la présidente ne souhaite cependant faire aucun autre commentaire à ce stade. Selon nos informations, c’est Pierre-Yves Maillard lui-même qui aurait défendu cette solution, avec ardeur, devant le comité directeur jeudi soir. Les élus du Conseil national auraient également été consultés et auraient donné leur accord.

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En amont, des personnalités du PS hors du canton seraient intervenues afin que la section vaudoise trouve un arrangement, en vue de pouvoir continuer de compter sous la Coupole sur ces deux poids lourds de la politique nationale. Lors de la dernière session, plusieurs parlementaires socialistes influents n’avaient pas caché leur déception devant l’éventuelle fin de carrière fédérale de Roger Nordmann, chef de groupe apprécié aux Chambres et spécialiste reconnu des questions énergétiques.

La Jeunesse socialiste opposée aux dérogations

Si la proposition devrait susciter l’adhésion de la majorité des délégués, une petite frange ne voit pas forcément cette solution d’un bon œil. Il s’agit des membres de la Jeunesse socialiste vaudoise (JSV). Demain à Payerne, ils demanderont une modification des statuts du parti afin d’abroger la possibilité donnée au congrès d’accorder des dérogations. «Ce principe est l’aveu d’un échec dans le renouvellement, justifie la JSV dans sa demande écrite. Par ailleurs, cette dérogation n’a permis qu’une chose, à quelques exceptions: prolonger la carrière d’hommes politiques au-delà du raisonnable».